‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 166 sur 184 · SA PREMIÈRE MISSION · texte numérisé non relu

SA PREMIÈRE MISSION

là même un développement nouyeau dans ses idées. Paul nous apprend hii-méme que ee qu'il appelait « le mysr tère révélé ces derniers temps, » portait sur la vocation des Gentils * . La connaissance approfondie qu*il avait de Timpuissance du judaïsme, rapprochée de la merveilleuse et soudaine délivrance qui lui avait été accordée, devait Tamener, sous Taetion fécondante de r Esprit divin, à Tintelligence complète du rapport des deux alliances. La grande antithèse de la loi et de la grâce n'avait-elle pas été réalisée dans sa vie avant d'è^ tre commentée par ses écrits?

S 2. — Premier voyage de saint Paul,

Jusqu'au moment où il reçut la délégation deTEglise d'Antioche, Saul s'était borné à annoncer l'Evangile aux Juifs et aux prosélytes. Il n'aborda le vaste champ de la mission parmi les païens qu'à son premier vojagei« Ce voyage eut une grande importance pour Saul et pour l'Eglise. Il provoqua les discussions qui devaient aboutir au concile de Jérusalem, et amener par là une première solution de la question qui avait déjà soulevé tant d'orages parmi les chrétiens. Saul et Barnabas partirent d'Antioche, accompagnés de Jean, surnommé Marc ^. C'était un disciple de Jérusalem, fils de cette Marie dans la maison de laquelle l'Eglise était réunie en prières pour demander la délivrance de Pierre ' . Il parait avoir été converti par Pierre, qui l'appelle son

^ Eph. 1, 9, 10.— « Actes XUI, 5. — » Actes XU, la.

448 PREMIERS œilPAGNOMS DE PAUL.

fils • . Plus tard il fat son interprète *. Tout démontre qu'à cette époque il était encore fortement imbu des préjugés d'un christianisme judaïsant. U n'était pas alors à la hauteur de saint Paul; aussi se sépara-t-il bientôt de lui. Il est possible qu'à son retour il ait contrilmé par ses récits à provoquer la lutte entre l'Apôtre et les chrétiens étroits de Jérusalem. H faut bien qu'il y ait eu quelque grave difiEérend entre eux pour que Paul ait mieux aimé se séparer de Barnabas que de s'adjoindre de nouveau son parent. Nous apprenons par ses épitres que ce différend ne fut que momentané ; car Marc reparaît plus tard parmi ses compagnons ^. Barnabas étant originaire de Chypre, les délégués d'Ahtioche se rendirent tout d'abord dans cette île. Us la traversèrent dans toute sa longueur. Après un court séjour à Salamine, ils se rendirent à Paphos, ville rebâtie sous Auguste. C'est dans ces lieux souillés par toutes les infamies du culte d'Astarté que Paul fit sa première conquête sur le paganisme. Le plus haut dignitaire de la contrée, le proconsul Serge Paul *, était un de ces hommes qui, fatigués du polythéisme occidental, cherchaient dans les religions orientales, et en particulier dans le judaïsme, la satisfaction de leurs aspirations secrètes. Cette disposition l'avait rendu accessible aux

1 1 Pierre V, 13. — » Eusèbe, Hist, eccl., liv. III, c. xxxii. — » Phil. 24. 2Tim. IV, II. Col. IV, 10.

* Serge Paul est appelé àvOuxaxoç. Ce titre correspond à proconsul. Il était affecté au gouverneur des provinces sénatoriales, tandis que les gouverneurs des provinces relevant directement de l'empereur s'appelaient propréteurs. L'île de Chypre commença par être, sous Auguste, une province sénatoriale (Dion Cassius 53, 2) ; mais elle fut plus tard (Dion Cassius 54, 4) donnée au sénat. Luc est dans cette circonstance d'une minutieuse exactitude (Wieseler> Chronologie des apostolisch. Zeitalt.^'p.îSS).

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