‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 170 sur 184 · PAUL ET BARNABAS A LYSTRE · texte numérisé non relu

PAUL ET BARNABAS A LYSTRE

apparaître ces deux divinités en Phrygie. Un temple de Jupiter avait été bâti aux portes de Lystre*. Un tel peuple devait aimer passionnément le merveilleux : aussi la guérison miraculeuse d'un impotent opérée par Paul excita le plus vif enthousiasme. On s'écria de toutes parts : Les dieux sont descendus vers nous, et on donna à Paul et à son compagnon les noms vénérés de Mercure et de Jupiter. Ne possédant pas la langue du pays^, les apôtres ne se doutèrent de ces hommages idolâtres que quand ils virent le prêtre des faux dieux s'approcher d'eux avec les couronnes sacrées et les taureaux des sacrifices. Kien n'égala leur douleur et leur indignation. Déchirant leurs vêtements, selon la mode juive, ils repoussent avec énergie ces hommes impies. « Nous ne sommes que des hommes , s' écrient-ils , des hommes sujets aux mêmes infirmités que vous '. Ils pressent leurs auditeurs de croire au vrai Dieu. Nous retrouvons déjà dans les paroles de Paul cette belle pensée, souvent développée par lui, qu'avant Jésus-Christ Dieu ne s'est pas seulement occupé des Juifs, mais qu'il a aussi donné aux païens, dans les bienfaits de sa providence, une révélation qui avait sa valeur préparatoire *. Il était désormais facile aux Juifs des villes voi-

1 Actes XIV, 13. »

* Le peuple parle devant Paul et Barnabas eu langue lycaonienne (Actes XIV, 11). Ils appellent dans cette même langue Barnabas Jupiter et Paul Mercure. Et pourtant Barnabas et Paul ne se doutent de la chose que bien plus tard : il faut qu'on leur apprenne les sentiments du peuple (Actes XIV, 14). Il est évident qu'ils ne comprenaient pas la langue. C'était plutôt un patois grec qu'une langue ; il est probable que le peuple connaissait la langue hellénique, puisque le discours de Paul est immédiatement compris.

8 Actes XIV, 15. — * Actes XIV, 17, 18.

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