DISCOURS DE PIERRE
pas compte du parti des fanatiques. Entre Paul et Jacques, la différence était grande, bien que Tun et Tautre fussent d'accwd pour aimer également Jésus-Christ. Pierre, déjà éclairé par une révélation, occupait une position intermédiaire, La masse des chrétiens penchait vers Jacques. Si chacun s'était renfermé dans son idée particulière, un schisme déplorable serait, à coup sûr, sorti de ces conférences. Mais la discussion fut conduite dans un esprit de liberté chrétienne, qui conjura tous ces dangers. La conférence commença par un débat violent et confus * . Sans doute les accusateurs de Paul et de Barnabas y prirent la plus grandç part. Ce fut le premier choc des opinions contraires. Il était naturel que Pierre , qui avait vu le Saint-Esprit descendre sur les païens convertis, intervînt promptement dans la discussion. Il se contenta de rappeler les faits dont il avait été témoin, et d'en tirer les conséquences qui en découlaient. Puisque Dieu, disait-il, n'a point fait de différence entre les chrétiens sortis du paganisme et ceux qui avaient suivi scrupuleusement les pratiques' du judaïsme, pourquoi leur imposer, dans les cérémonies légales ,. un joug inutile, yn joug qu'aucun de nous n'a pu porter? Le salut n'est pas rattaché à la loi <5érémonielle, mais il est un don de la grâce de Dieu^. Pierre , sans aborder la question brûlante de la circoncision, se contenta de poser en principe qu^ la loi cérémoniellc, dans son ensemble, ne saurait être imposée aux païens convertis.
« Actes XV, 7. — * Actes XY, 7-12.