‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 20 sur 184 · L*ABT EGYPTIEN · texte numérisé non relu

L*ABT EGYPTIEN

culte* . L'artiste, méprisé comme appartenant à une ctfile inférienre, n'a aociuie indépendance; c'est un OHiricr habile au service du prêtre^. Les productions de aom ciseau portent nécessairement Tempreinte de sa sujétion» ou plutdt de r universelle sujétion; celle de toutes qsi est la plus remarquable, le sphinx, est la personnifiMK tion fidèle du génie triste , immobile et pourtant gnoir diose de FEgypte. « Tel est en résumé, dit Dunker', pt pays menreilleux, cette antique Egypte, dont la cuUmnt richement développée nous reporte au seuil des tem|^ historiques. Favorisés par la nature, placés sur uu ai) fécond, ses habitants ont reporté dans leur vie natioM)^ et leur civilisation le caractère à la fois sérieux et ïïgis»r dide de leur ciel. Leur esprit conservateur a créé wm organisation immuaUe dans laquelle les fils vivent île la vie des pères. Les puissiances bienfaisantes de li nature, le mystère de la vie, le cours régulier de ïtohnée, la résurrection incessante de la terre , ses futew et ses lois , sont Fobjet de leur culte et ils retrouvait dans la vie régulière des animaux le reflet de la vie immuable de leurs dieux. La vie du peuple lui^inéiiie se soumet à une règle sacerdotale^ afin de participeTt autant qu'il est possible, à l'immutabilité des loîfi do h nature* »

Religion persane.

Certes , de Pbénicie en Egypte l'idée religieuse «

1 Ottfiried MuQer^ ArehcBologie ^ 257. — * Raoal Rochette^ Lt^n nÉr rarekéôhffie, II. — • Dai^r, t. f , p. 101.

RBLIGION DE L*1RAM. 44

accompli an notable progrèi^^ U n'y a plus seolement le coatraste entre la Tie et la mort , entre le sang et la tplopté ; la distinctioa entre le bien et le mal est entreme , qaeliiaes laenrs sont projetées snr la vie future « par le dogme d*an jugement des Ames. Quoique enferméedans le dualisme 9 la conscience humaine a parlé. Elle parle plus haut encore dans la religion de l'ancienne Iran, sans franchir cependant le cercle fatal des religions de la Jiatnre. Trois grandes familles de peuples sont sorties de ce vaste plateau borné par Tlndus à Touesty par TEiiphrate à Test , par FOcéan au sud et par la mer Caspienne au nord. En effet, les Persans « les Mèdes et les Baetriens d'une part, les Grecs et les habitants de Tlnde die l'autre , ont une souche commune, comme rétablit Tanalogie profonde des langues qu'ils parlent. Elle se retrouve comme un fondement solide et indestructâde sous les élaborations de leur génie national. De là aussi un même fond d'idées religieuses qu'il est facile de découvrir à la base de leur mythologie, bien que chacun de ces peuples l'ait développé dans une direction très différente.

Si FAsie occidentale est un pays de contrastes, l'Iran Test encore plus * . D'immenses steppes viennent aboutir à des ccmtrées admirablement fertiles. Un soleil de feu consume le sol, et au même moment les glaces de l'hiver engourdissent les contrées voisines. « L'hiver, dit le « livre sacré, enveloppe les troupeaux pour les tuer; il « j^ace les eaux, les arbres, les champs et jusqu'au cœur

1 Danker^ t. Il, p. 335-355.

«2 DUAUSME PERSAN.

« de la terre'. » C*est surtout dans la Bactriaae et la Sogdiane, non loin de la mer Caspienne, que ces contrastes s'accusent avec une redoutable énei^e. Entre les montagnes, des vallées fertiles se parent d'nne luxuriante végétation ; plus loin , s'étend la solitude aride et sans limites. Tandis que les étoiles brillent pures et sereines dans Tair léger de Tlran, le vent vicient des steppes épaissit les brumes ou soulève des nuages de poussière. La population des deux pays différait ncm moins que le sol et le climat. D'un côté, un peuple pacifique et industrieux se livrait aux travaux des cfaiaBq[is; de Fautre , des tribus nomades menaient une vie sauvage et guerrière] toujours disposées aux inruptions soudaines, elles fondaient sur l'Iran aussi impétueuses que le sable du désert. Les habitants de la Bacfiâane étaient amenés, par un tel état de choses, à considérer le pays du Nord comme la terre maudite, appartenant aux mauvais esprits. Le triste Occident, où le soleil s'éteint, était aussi pour eux le séjour des esprits de ténèbres. Il est probable que quand Zoroastre, près de six siècles avant Jésus-Christ, a donné tm code religieux à ses compatriotes , il ne fut pas l'inventeur d'une religion, mais qu'il se borna à introduire l'ordre dans des mythes confus déjà existants^. Ces

< Vendid., III, 69.

' On peut fixer la date du Zendavesta d'une manière approximative. CSomme il n'y est fait aucune mention des grandes conquêtes des Mèdes et des Perses, il est probable qu'il a été écrit avant cette époque, et en tous cas, avant Gyrus. Le Vendidad Sade et VYacna, livres liturgiques tout remplis de formules de prières, constituent la partie ancienne de VAvesta, Le Bundehesch, qui y a été ajouté, est bien postérieur et porte la trace du syncrétisme religieux.

lyUALISiME PERSAN. 48

mythes s*étaient formés sur une terre de contrastes tranchés. Ils en devaient porter F empreinte et rappeler la Intte entre la force bienfaisante et la force malfaisante et destructrice de la nature.

Il est très difficile de discerner avec etactitude ce qui appartient aux anciens mythes et ce qui appartient en propre à Zoroastre, dont la figure elle-même est ornée et obscurcie à la fois par Tauréole mythologique. Il n'est pas moins diflScile de retrouver le premier noyau des livres sacrés mis sous son nom, sous les additions nombreuses qui ont dû le recouvrir lors de leur réunion sons les Sassanides. Toutefois, en laissant de côté tout ce qui porte la trace évidente d'une élaboration métaphysique ou d'influences étrangères, on parvient dans ane certaine mesure, grâce aux travaux de la critique moderne, à reconstruire l'ancienne religion bactrienne et persane * .

On a prétendu , en se fondant sur quelques textes controversés, que le dualisme n'était pas le dogme fondamental de cette religion , mais qu'elle admettait un principe premier, absolument bon, nommé le temps sans bornes. Mais on ne peut concilier cette idée subtile qui appartient à l'âge de la spéculation avec la conception religieuse si naïve, qui ressort des livres sacrés des Perses, et surtout avec la manière dont fls parlent d'Ormuz ; car ils en font l'être par excellence, le créateur, l'ordonnateur bienfaisant du monde.

* A part les livres déjà mentionnés, nous citerons la traduction du Zendavesta par Anquetil Duperron, et surtout le commentaire sur VYacna, <t'Eugène Burnouf, chef-dksuvre de philologie et de haute critique.

il ORUDZ ET AfiRIMAK.

Omni, c'est encore le dieu de la lumière, le Baal 4e la Phénieie, le Ptah de TEgypte, mais transdfigmré et èputé. En effet , la lumière ne représente plos simplemesA la puissance fécondante de la nature, mais aussi tout ce qui est bon, salutaire, et même tout ce qui est bien; car ridée oiorale foit une première appariticm danis» cette mythologie, quoiqu'elle ne soit pas enccnre nettement dégagée de la nature. « J'ûiToque, lisons-nous dans la prière par excellence des Perses, et je câèbre le Créstour, Ahava Mazda (Ormuz, le maître qui donne b science), lumineux, resplendissant, très grand ettrèi bon, très parfait, très énergique, très intelligent et t]pè» beau, éminent en pureté, qui possède la bonne science, source de plaisirs, lui qui nous a créés, qui nous a fatt mes, qui nous a nourris, lui le plus accompli des être» intelligents ^ » En face d'Ormuz est Alnriman ou le néchant génie , représentant les ténèbres et la mort. Sem* blable à une couleuvre immense, il entoure de ses replis le monde entier et verse son poison dans tous les êtres. « n a dit : Je gâterai , en les regardant d*un œil maih vais, les troupeaux, le soleil. Je ferai que les pâturages seront sans eaux. L'ancien serpent infernal se mêle à tous les êtres^? » Ahriman n'a pus produit des êtres mao* vais, mais il dépose le germe du mal dans les créatures d'Ormuz. Sous Ormuz, comme sous Abriman, se rangent une multitude d'esprits qui soutiennent en leur nom la grande lutte entre la lumière et les ténèbres. La plus haute catégorie de ces esprits est celle des Amschas-

* Bunu)\if, Yacna, p. I. — ' Anqnetil, p. ITS^ M5.

LES ABISCSUUSPAffDS. IS

pa&ds (les yénérableè). Ils sont la peraonnification des plus pures vertas et des meillefirs biens. « J^invoqae et je eélëlMre la MenTeillance , la pureté excetleste, la Yte désirable, celle qui est sainte et soumise, et celle qià produit tout et donne la yie*. » Les six amscliaspands unis à Qnnuz régnent sur les sept parties du monde; après eux Tiennent les esprits militants, qui prennent une part actire à la lutte contre Ahriman. Le premier parmi eux est Mithra, éleyé, immortel, pur, dieu4É soleâ, éonrsier rapide, œil d^Ormnz. « Mithra le Ticto* rienx sHissoit, après le lever de Faurore, ceint d^une pniPe lumière, sur la cime des monts ^. » C'est lui qui Assipe les ténèbres et le mensonge, qui donne la pa-* tience et la santé. D'autres esprits lumineux, les étoHes, la lune qui renferme la puissance fécondante ou le germe du taureau, surtout Behram ou le porteur de la lumière d'Ormuz, sont proposés à Fadoration. Un héros dinn qui lutte contre les esprits de ténèbres, Serosch^ le saint combattant et le serviteur d'Ormuz, leur est associé. Du reste, le Persan adore tout ce qui exerce une action Uenfeisante et fécondante, et avant tout le feu, le plus nqÀde des immortels , puis Feau fertilisante et les arbres verdoyants et élancés. « J'invoque et je célèbre, lisons^ nous dans VYacna, la santé, le bien. J'invoque et cel^re, et les paires de bestiaux, et les maisons, et les Ueux où se gardent les grains, et les eaux, et les terres, et les arbres, et les grains. J'adore cette terre et ce eiel, et le vent pur, et les astres, la lune, le soleil, lU'-

* Burnouf, Yacna, p. 174.— « Vendid., IX> 91.

46 LES. FÉROUEBS.

mières qui sont sans commencement, incréées, et toutes les créations de Fêtre saint et céleste. J'invoque,, je cérlèbre les montagnes dépositaires de rintelUgenee donnée par Ormuz, brillantes de pureté, et toutes les moBr tagnes brillantes de pureté, parfaitement brillantes, et la splendeur des rois donnée d'Ormuz, et leur éclat non auprunté. J'invoque ceux qui sont saints et qui soBt purs * . » L'adoration des hommes purs «st donc comr 4iuidée; leurs esprits étaient adorés sous le nom de Férouers : « J'invoque, je célèbre les puissants férouen des hommes purs; les férouers des hommes de Vaxh denne loi; les férouers des hommes nouveaux, mes parents , le f érouer de mon âme ^ » Le f érouer ott l'esprit de Zoroastre, le maître de sainteté, est na* turellement l'objet d'une adoration toute spéciale. Ce9 citations démontrent que la création entière est emsidérée comme l'émanation d' Ormuz, et que tout eë qui est vivant, fécond, lumineux, brillant, depuis le soleil jusqu'au roi, est divin au même titre; Les esprits qui président aux divisions du temps, les Gahaadars ou maîtres des six divisions de l'année, les esprits des mois et des jours sont également l'objet du culte» L'année est ainsi tout entière divinisée; elle se suhr divise en six périodes correspondant aux six périodes de la création d'Ormuz, et elle se termine par une fête solennelle appelée la Fête de toutes les âmes, parce qu'on prétend qu'alors les âmes des morts reviennent visiter leur famille, et que par leurs prières

* Burnouf^ Yacna, p. 559. — ' /cf., p. 454-571.

LES DEYAS. < 47

et leurs expiatioas elles obtieiiiient le pardon des coupables.

En opposition à Ormuz et à ses lumineuses légions, Âhriman rassemble sur les lieux de sépulture la s<»nbre . armée des esprits malfaisants ou les devas. Parmi eux on Toit Tesprit de rhivèr, Agis le meurtrier^ qui cherche à éteindre le feu, le génie du lourd sommeil et de Foisiyeté, et enfin le génie du mensonge. Les animaux sont partagés entre les deux adversaires; Ahrimaïf,^ réussi à pervertir et à s'approprier un grand nombre de créatures d'Ormuz, entre autres le serpent « qui est plein de mort. » Les animaux féroces, tous ceux « qui nuisent aux champs, » lui appartiennent également. Au contraire le coq qui annonce Taurore, le chien ennemi des bètes fauves, de même que tous les animaux utiles, sont les serviteurs d' Ormuz.

Une pareille rel^ion ne pousse pas à Tascétisme. Biçn au contraire, elle commande de développer richement la vie et de combattre partout la mort. « 0 homme, dit le livre sacré, donne des enfants à la femme qui n'en a pas encore engendré. Mange en homme bien instruit la graisse des animaux ' . » Le premier commandement de VAvesta est de labourer les champs, de planter des arbres, et de préparer ainsi la nourriture de rhoHune. « Avec les fruits des champs croit la loi d'Ormuz, et avec eux elle s'étend mille et mille fois. La terre est heureuse quand un homme y bâtit sa maison, quand les troupeaux abondent, quand, entouré de sa femme

» Vendid., I, i«.

4g ^ LE PABSISIIE CDHflAIBE A L'ASGÊHSIIB.

et de ses enfants, il tùlt endtre liieibe et les é|ài et plante des arbres firoitiers en grand nombfè '• » O^nôt que le peuple médiqne et le peuple penao ont pnisé dans leur religion nn esprit teergiqne et eonqiiénnt Os ont fondé de grands empkes; Gyros et Darius onl porté au plus haut point la civilisation et la gMre de leur race. D s^agit en effet, pour le Persan, de wne et non de mourir, et plus sa Tie a d^intensité A de sj^ndeur, mieux aussi il glorifie Ormuz et confond Ahriman, Tétemel euTieux de la création. Mus il ne suffit pas de déyelopper tous les éléments de la irie aTec richesse, de cuttiTer la terre et de la couvrir de moissons fertiles, de parer la demeure de rhomme et de répandre un vif éclat sur Texistence humaine, S tet encore célébrer le culte d*0rmu2. Le . Persan n*a pA dldoles, car son dieu lumineux serait prefoné pmr €68 représentations grossières. H a rempli tous ses dermrs religieux quand il a entretenu la flamme du feu^ seule image du dieu très haut et dieu lui-même, et quand il t fait ses invocations, conformément au rituel qui lui est présenté. La parole sainte joue un rôle considérable dans la religion persane. Elle est le moyen souvenmi de chasser les mauvais esprits et d'attirer la faveur d'Ormuz, car elle est son émanation : elle aussi est divine. « J'invoque, doit dire Fadorateur du dieu de la lumière, j'invoque la parole excellente, agissante, dour^ née contre les devas par l'entremise de Zoroastre , la longue étude, la bonne loi des adorateurs d'Ormuz '. '

» Vendid., UI, 85, 86; III, i, SO. — « Vacna, p. 3!*.

RITUEL PEUSlM. 49

Entouré de Tiafluence d'Abriman, Thomme doit chercher à iuif^happer; mais cemme il est impossible d'être toujours à Tabri de sob souffle empoisou&é, il &uut se soumettre à un yaste système de piHificatiou conçii dans la prévision de toutes les souillures possibles. La souillure par excellence est le contact avec la mort. Aussi la maison où elle a pénétré doit-elle être purifiée avec le plus ^and soin et le cadavre déposé dans un endroit solitaire pour y être dévoré par les bétes||^roces» car on n'ose prostituer le feu sacré à un tel usage. Les Persans paraissent s'être afirancbis plus tard de cette coutume, car Gyrus s'était fait construire un magnifique tombeau. Les cimetières appartiennent ans 4evas ; ils sont le domaine naturel de ces géni«s destructeurs. La division en castes n'est pas stricte en Perse oomme en Egypte ou en Inde; les laboureurs sont presque autant considérés que les guerriers. Lajdistinctiûn entre U profane et le sacré n'est pa^ aussi rigoureuse que dans d'autres religions ; en effet , on accomplit un véritable acte religieux à la gloire d'Ormuz en cultivant ses champs; on le sert en développant partout la vie et l'activité. Aussi les prêtres n'ont-ils pas la même influence que dans d'autres relions; ils préâdent sans doute aux rites sacrés, mais ils ne les accomplissent pas seuls. La religion de 2oroastra a un caractère laïque qui ne favorise pas l'esprit sacerdotal. Les mages portent dans VAvesta le nom d'Aihmva^ ^ qui signi^ surveillants du feu, C'est là en effet leur office principal, avec celui de régler les cérémonies

sacrées. « Ne nomme pas prêtres^ lisonsrnous dans VA- I 4

9ê LA WTAirrÉ. — L*AIT.

m resta, ceux qpii en ont le bêtement et qui ne sont pas « ceints de la loi diirine; appelle prêtre ée Zoroastre « celui qui cherche pendant tonte la nnit rinteUigeDee « des choses saintes et qni trayaille à la purification des « péchés' ». Le grand prêtre, en pour mieux dire le représentant de la Di?initéy est le roi; car c'est lui qui concentre toutes les forces vitales du pays, qui les répand au dehors et les accroît en les exerçant. Cest lai qgpi, par la splendeur dont il s* entoure , par Fimpulsion qu'il donne à tous les arts utiles et par la ^oire qa-il conquiert, représente le mieux Ormuz, le dieu de h lumière et de la irie. Aussi Fart persan est-il bien jdiitôt un art royal qu'un art sacerdotal. II s'occupe beaucoup plus à construire des palais que des temples ; ces pakds sont en terrasses avec des portes gigantesques et des ayenues de colonnes. Le roi apparaît dans la pompe de scm costume et l'exercice de sa charge royale tantôt dans l'animation du combat, tantôt accomplissant des actes de clémence. Les dieux sont représentés par des figarcs d'aniinaui symboliques. La mythologie n'est rien, Thistoîre est tout. L'art est ainsi le fidèle symbole d'une religion essentiellement humaine et laïque. Elle est loin cependant d'aboutir au matérialisme. Bien au contraire, elle se préoccupe de la tIc à venir encore pins que la religion égyptienne. Quiconque a vécu dans la pureté et n'a laissé aucun pouvoir sur lui aux devas, semblable à un libre esprit, passera après sa mort dans le séjour de la himicre. « Les âmes, trois jours après leur mort,

^- « F(f>irffV/., fragto., XVlU, i-l7. . ^

L'IMMORTAUTE BE L AME BT l£ JUGEMENT. 51

< dès quie Mithra le yictorieux s'assoit avec son père e céleste sur les montagnes, passent le pont Tshinavat i :t>a de la rétribution. Là , les dieux et les deiras se les (> disputent dans un dernier combat. Ormuz les examine ( et.ceUes qui ont pratiqué la sainteté et la pureté tra- ^ Tersent le pont et sont conduites dans le ciel. L'âme

pure monte joyeuse au trône d'or d'Ormuz. Les âmes jmpureâ sont abandonnées au mauvais esprit , qui les : conduit au séjour des ténèbres V. » D'après le JUi^heschy livre sacré ajouté à VAvesta après Jésus-Christ» % qui porte la trace évidente de l'influence du christiad^me, le monde entier finira par recevoir la loi d'Ormuz, ;ràoe > Serosch^ le héros divin, devenu une sorte de [essie. Mais nous ne sommes pas en droit d'attribuer la religion persane des idées qui sont une importation trangère.

Si nous la jugeons dans son ensemble, elle nous appaaît bien supérieure aux religions précédentes. Elle •onsse à l'action,, à l'énergie , au progrès ; elle fait de 1 Yie humaine un combat et un travail fécond; eUe anetifie la sueur du laboureur, elle relève la vie de faillie. Les dieux qu'elle propose à l'adoration sont bienlisants;. ils sont les premiers champions de la lumière t du bien. Néanmoins le dualisme n'est pas vaincu; la réation est une émanation d' Ormuz et réclame à ce iti'e iiotre adoration. Le monde moral n'est pas disingué du mcrnde matériel; la souillure de l'âme est dte&tifiée à la souillure du corps; le mensonge est mis

» Vendid., XIX, 100-108. -

92 GARACrËflE LAÏ\}UE DU PARSI8IIE.

sur le mène rang que le contact invotontaire âvee un cadavre ; la présomption se guérit comme te ièTte. Ija faimière n*est pas simplement un symbole de la sakileté; elle fait partie de celle-ci au même titre ipie Im chasteté et la droiture ; Tobscurité de la nuit et le froid ^ rhi- Ter sont des manifestations du mal, tout autant que rîiipudicité ou le vol. La loi religieuse des Persans est uti mélange de prescriptions matërienes et d^ordoonan- M» morales ; Fablution du corps se confond aveo la Sanctification de Tâme, et un beau champ dé blé réfoait Kmt autant Ormuz qu'un cœur purifié. La coiisoienee t'a pas encore conquis son domaine piH>pre, mais elle s^n rapproche, car du culte de Baal au OQUe dX)fra«,Ja liKstanee est grande et le progrès réd.

Religion indienne ' .

A louest de TEuphrate et du Tigre, an sud du grand {dateau asiatique, se dresse vers le cid la plus haute montage de r^ncien monde, THimalaya. Au delà commeaee le pays merveilleux qui fascinait rimagination des Greoi, eetle tnde loinlaiae où Tor abonde, où croissent des

* A part les iiyrds déjà meationaés^ nous indiquerons^ comme oavnitf^ généraux sur llnde^ Indische Alterthumskunde, von Ghr. Lassen. Leiplki(s, Ui^liB57. En pârtioulier le t*^ vol.^ de la page 765 à T01. w. jn^fmeine Encyclopœdie, von Erscb und Gruber. Zweite Section. ir.-N,/»' iiienJndo-China. Leipzig, 1840. — Le Hig-Véda, traduit par Langlois. -^ 09m1nèntmre «ht le Bouddhisme, par-^Eug. Btniôiif. ^ L&(»*ÉtiÊÊ0lf^' — Fragments de Mahabarata, traduits en français par Th. Pavte. Paris* 1855. — Ramayana, poëme sanscrit de Valmiki, mis en français V^ Hippolyte Fauche. 3 prem. tom. 1854-1857.

N3(»|}iaSHE NAÏF DES VÉIUB. 83

asfares ^anlesqttefi à l'ombre desquels TÎveBt des aninuoÉL gigantesquesk L'Hinakya, couroomé de neiges étemelles, renfenne les sources des plus grands fleuves de l'Asie, qui sont Tludus et le Gange. C'est dans la con* tfée baignée par ses eaux^ souvent torrentueuses, que s'étaUirent un c^tain nombre de petites peuplade&par- Iteft des plateaux de l'Iran, et appartenant, par eonséqnent, à la même famille de peuples que les Baetriens, leB Mèdes et les Perses. Ils refoulèrent sur les cotes les premiers habitants du pays, reconnaissables encore à feors longs cheveux et à leurs traits bronzés. Cette mi* gtaticm doit être très ancienne et s'être efflsctuée avant r«B 1300^ Le Rig^-Yédë. , recueil d*hymnes^ sacrées par lequel s'ouvrent les Védas , contient une brillante peinture de l'état social et religieux de ces tribus aryennes pendant la période qui précéda leur invasion dans les piftmes fertiles qu'arrose le Gange ^. On reconnaît dans ees chants les croyances qui sont à la base de la reli* fpojx de Zoroastre. Le dieu de la lumière est adoré sous le Btom d'Indra. C'est lui « qui fait jaillir l'édair et qui • lance la lumière, » et, comme Mithra, il a pour symbole le taureau puissant. « H porte la foudre victoriei^ie; il « est pour nous comme un père pour son enfant* O « die& tonnant, que ton bras nous donne le bonbei^'^. » Des divinités malfaisantes luttent contre Indra : ee sont les nuages qui assombrissent le ciel et qui marchcaoitiH>us

1 Donkér^ t. U^ p. 17. ^

* Rig-Vëda, sect. VII^ lect. I^ hymne 4. (Nous citons d'après la tradnetion de M. Langlois. — Voir aussi Lassen^ t. I^ p. 755-766. > Rig-Véda, VII, 7, 15-18.

Si NATTTRII^kffi NAÏF DSS VEHAS.

k conduite de Yritra (celui qui obsciurcit). Jbes i^enU rapides qui chassent les nuefr sont les anxifinres d^fah dra. Les deux premiers rayons dn matin élûent adwés souslenom dMft*tn5, frères jumeaaxqnitraTersentletid sur un char rapide et répandent partout sur leor passage la fécondité et la yie. Les Aryens de rindeY-ccHome-cteui de riran, adorent tout ce qui tend k accroître, à ûaàmsat et embellir la yie. On sent respirer dans leurs hymnes un panthéisme naif et joyeux. Le feu, Fean^ la terre^ le eiel,^ Taurore, les plantes, les fleuyes, les Ubatioas saintes , tout est divinisé et cdébré dans une poéae à la fois monotone et éclatante, mais singulièrement ei* pressive et pleine de fraîcheur. Le feu est adoré sous le nom d'Agni « cet être ailé qui brille sur le foyer. Les « prières caressent ce nourrisson qui frémit, cet oiseati « doré qui repose sur la terre. Le jeune Agni,< dans les « drvers foyers oà il est né, s* élève sur le bois, au sem <t des libations étemelles. C'est un souyerain qui a « la fumée pour étendard ; ses flammes éblottissanles <i s'élargissent; elles éclatent ayec un bruit sonore^ « et, de ses traits aigus, allongés, rayonnants, qui « semblent se jouer ayec puissance^ il va toucher le « ciel^/ »

L'eau n'est pas glorifiée ayec moins d'enthousiasme; mais c'est surtout le breuyage des libations ^ le Sdmd, symbole de l'élément liquide, qui est célélH*é sur tous les tons. « O Sôma pur et chéri, c'est à toi que nous « devons notre opulente renommée. Les prières et

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