GARACIÉRE MISSIONNAIRE DU BOUDDHISME
can, mais Tont de l'un à l*aiitre en mendiant sur lemr route. Us parcourent les degrés d'une Taste hiérarchie morale et' scientifique, et s*élèTeut dans la mesure de leurs progrès dans la sainteté et la Traie science*. A côté des religieux proprement dits, il y a des déyots iKm soumis à Tascétisme monacal. L'hospitalité était lar^ gement pratiquée dans les monastères et toute infrac* tion à ce devoir sévèrement punie. Le culte bouddhiste se distinguait par la plus grande simplicité. Il était tout entier rattaché au souvenir de Bouddha dont les reliques étaient vénérées dans les principaux couvents; des offrandes de fleurs et de parfums accompagnaient les prises qui lui étaient adressées. Il n'y avait point place an sacrifice dans un tel culte. Aussi, tandis que le culte brahmanique s'appelait Tadjna ou sacrifice, le culte bouddhique s'appelait Padja ou honneur '.
Le bouddhisme fut une religion essentiellement missionnaire. Placée par son dogme favori, au-dessus de la nature, aspirant à la détruire^ il n'était arrêté par aucune des distinctions créées par la naissance. Pour lui, il n'y avait pas plus de différence entre les peuples qu'entre les castes. De là le puissant essor qu'il prit dès son origine. « Il n'y a pas pour Bhagavat ou le bienheureux Bouddha, disent les livres sacrés, de présent aussi précieux qu'un homme à convertir'. >» Fidèle à ce principe, le bouddhisme se répandit avec une incroyable rapi^té dans l'Inde et dans les contrées voisines. Il fut amené à s'organiser pour mieux se défendre contre
» Burnouf, 286, «88. — « Burnouf, 389. — • Burrouf, 327.
70 IIODIFIGATION DU BRAHMANESIff.
8^ persécuteurs. Les monastères s^unirent par an lien fédératif ; des synodes furent convoqués pour régler la doctrine. On en compte trois : le premier eut lieu peu après la mort de Bouddha, le second 1 10 ans après et le troisième 400 ans plus tard. Le canon des livres sacrés fut remanié dans ces trois conciles. Nous n* ayons que le dernier remaniement ^
En présence de Tinvasion formidable du bouddhisme, les brahmanes se virent obligés de modifier leur sjs* tème religieux. Déjà le peuple venait de leur imposer deux nouvelles divinités : c'étaient Siva, le successenï ou réquivalent de Tantique Indra, le dieu de la foudre et des pluies orageuses, et Yischnou, le dieu du ciel paisible et de la végétation florissante, le père des fleuves, déjà nommé dans le Big-Yéda, adoré au bord du Gfinge sous rimage d'un lotus. Les brahmanes placèrent ces deux divinités à côté de Brahma, qui demeura le dieu créateur d'où procèdent toutes les émanations. Yisch-' nou devint le Dieu conservateur, et Sciva le dieu des^ tructeur. Sarasvati^ Lakchmi et Bhavani furent introduites dans ce cycle des dieux supérieurs comme leurs épouses. La trinité indienne^ ou la Trimurti, fut ainsi constituée. On peut placer Fachèvement de cette éyO' lution mythologique vers Tan 500 avant Jésus*Gfarist, car il n'y en a pas vestige dans les livres sacrés qui remontent à une date antérieure ^.
Du reste la trinité indienne ne fut jamais acceptée
* Burnouf, 448.
« Dunker, t. II, p. Î34. Encyclopœdie Gruher, p. 178. Lassen, t. ï, p. 783, laisse la question de la date de la Trimurti non. résolue.