‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 40 sur 184 · L*HUMANIS11E HOMÉRIQUE · texte numérisé non relu

L*HUMANIS11E HOMÉRIQUE

siasme; cet enthousiasme devait bientôt deyenir un cyolte ou plutôt réfcurmer tout Fancien culte.

Aucun de ces premiers rapsodes ne nous est connu, kur souvenir a été effacé par le rapsode immortel qui,, près de 900 ans avant J.-G., unissant Téclat de Tesprit asiatique à F harmonie pondérée de Fesprit grec, éleva dans deux poèmes incomparables le panthéon véritable de F hellénisme, le temple des héros construit avec le marbi^i le plus blanc et inondé du joyeux éclat d'un soleil matinal. L'Iliade et V Odyssée sont une apo* théose complète de F humanité ou plutôt de la nationalité grecque. Tandis que les Aryens de Flndos se sont efforcés d'ôter à leurs dieux toute individualité, et qu'ils n'cmt été satisfaits que quand ils les ont tous noyés dans Fal^me sans fond du panthéisme brahmanique, les Aryens de FOecident, partis du même point, se sont attachés à marquer d'une main ferme les traits de leurs premières divinités, à faire disparaître ce qu'elles avaient de flottant et de vague, à leur donner des contours précis, à les élever enfin de la vie impersonnelle de la nature physique au rang et à la dignité d'êtres personnels et libres. Homère, en attribuant aux dieux les qualités des héros, a été le plus puissant réformateur religieux de sa race, ou plutôt il a été son plus admiraUe interprète dans F évolution accomplie par elle après Fàge héroïiiue. La vie des dieux est représentée par lui comme la vie humaine à sa plus hautepuissance. L'Olympe est la Grèce-idéale; les dieux forment un conseil de rois helléniques, dmit Jupiter est l'Agamemnon. Il ne s'agit pas pour lui, comme dans la

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mythologie pélagique, écho de TOrient, de symboliser les aspects mobiles de la nature, mais bien plutôt de donner une peinture TÎvante de Thistoire ou du déyeloppement des forces libres et spontanées. Jupiter n*est plus r Indra yédique, le soleil vainqueur des ténèbres; c'est un grand roi que Ton peut se représenter sur son trône le sceptre en main ; il a un caractère nettement déterminé ; il délibère, il agit, il interrient directement dans les affaires des hommes. H en est de même de Jonon, qui est son épouse et comme telle a les sentiments d'une femme et d'une reine.

Minerve est deyenue une divinité tout întellectoelle; réclat de son œil bleu n'est pas simplement l'image d'an ciel d'azur dégagé des nuages, mais le reflet de la pensée ; elle est la divinité sage et protectrice qui introduit l'ordre dans le combat. H en est de même de tous les autres dieux. La plus brillante création homérique est celle de Yénus, la iille ravissante de la mer, image de la beauté gracieuse et de la grâce enchanteresse. Si les dieux d'Homère sont en réalité des personnalités humaines idéalisées, ils ont toutes nos faiblesses, tontes nos passions. Ils ont leurs favoris et leurs ennemis; ils combattent tantôt dans un camp, tantôt dans un autre. Ils éprouvent la haine, la jalousie, l'amour sensuel. Ils n'ont ni la toute science ni la toute-puissance. Ils sont d'une stature plus haute, d'une beauté plus parfaite que les hommes; mais ils sont de la même nature. Leur corps a besoin de nourriture, leur sang coule sous le glaive ou la lance, et si leurs cris ébranlent la terre, ils n'en montrent pas moins qu'ils sont sujets à la souf-

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