‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 44 sur 184 · SIÈCLE DE PÉRICLÈS · texte numérisé non relu

SIÈCLE DE PÉRICLÈS

rement porté était mille fois plus ignominieux, se reporte en arrière et se prosterne derant des diTinités rendues respectables par Téloignement. C'est là l'éternelle contradiction de la Grèce et l'une des causes du déTeloppement des mystères, qui sont un retour aux anciennes diTinités, ou du moins à celles qui les rappelaient le mieux, aux dieux de la terre et de l'Hadès, frères aînés des Titans. L'idée morale est admirablement mise en lumière chez Hésiode. Jupiter a pour épouse, non plus Junon, mais Métis ou l'intelligence; Thémis ou la justice lui est également unie, et il enfante avec elle les Parques, qui deviennent des puissances morales. La justice, dit-il, finit toujours par triompher dans les choses humaines ^ et si son chemin est escarpé, si les dieux ont mis la sueur et la peine devant la vertu, la route devient plus facile sur les hauteurs *. De telles paroles montrent combien d'Homère à Hésiode le progrès a été réel '.

U est plus sensible encore dans la période suivante, qui s*étend jusqu'au règne d'Alexandre et qui comprend les temps de la pleine maturité et de la riche ftoraison de la civilisation hellénique. Tout a contribué à préparer cette époque où la Grèce a vraiment atteint l'idéal qu'elle s'était proposé. L'homme, pour la première fois dans te paganisme, arrive à la conscience de son individualité, au sentiment de sa valeur morale comme être libre. La démocratie a presque partout remplacé la monarchie; la cité se gouverne elle-même, et tant

* Opéra et Dies, v. 210. — ' Opéra et Dies, v. 284. — ' Voir Manry, 1. 1^ p. 380.

*02 ATHÈNES CENTOE DE LUELLÉNCSME.

que le ^patriotisme y domine, l'esprit grec troirre one iiqpulsion féconde dans ces nouvelles institiitiiMisvâ j puise Tamour passionné de la liberté.

Le contact continuel des citoyens les ans avec les autres, les agitations de Tagora, les luttes intestinesietles rivalités de ville à ville, toutes ces causes Tétinies iamnaseirtledéveloppement du génie national. Laffôeriè oonlie la Perse, dans laquelle la prééminence se dii^aiidt^ntis VOrient et rOcciden.t, assura le tri€W^[>lie de FiieUénisme et lui donna cette exaltation légitime du potriottsme vainqueur. Hérodote rapporte qu'à là bataffie Âe SsbamaLt on vit le fantôme d'une femme passer au tnnpers ées galères aUiéniennes en leur disant : En iairiHit! Cette femme, c'était le génie, l'àine de la Grèce en -quelque sorte, qui poussait les dtôcendants des hâros versleors glorieuses destinées ' . L'héroïsme réel suocèite à Fliéroïsme légendaire ; les Miltiade et les Thémistocle écrivent avec leur épée une Iliade historique preâfBé «usa ]>ello que l'autre, mais qui très certainement e» ptocéde, car Tesprit d'Homère a façonné cette po^^ée de combattants devant laquelle recule l'armée innombeaUe du grand roi.

La guerre persique a en encore un autre Fésultat, c'est de donner un centre et un foyer à la civiliflatian occidentale. Athènes, qui avait servi avec tant de courage et de succès la cause nationale, devint la flauètropôle intellectuelle de la Grèce. £Ue était adnkablement préparée à ce rôle.; les Athéniens avaient le jgésÛB facile et brillant de la race ionienne, mais c'était des

» II/Todot.-, Vin,8'i.

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