LA GRANDE POÉSIE DRAMATIQUE
de la nature. Le «trame n'est possiUe qne qvand rbomioe n'est plus considéré comme Tesdaye ou le jooet ées forées naturelles. 11 n'y a jnsque là qu'on iseal fenoiùr nage sur la scène : «'est la nature. En peindre les léî»* lutions régulières dans des symboles expressils comme ceux d'Adonis ou d'Osîris, c'est tout ce que Fart peut faire. Il n'en est plus de même quand la peracmnaUté humaine a fait son avé&ement ; c'est désormais à sa destinée que l'on accorde le principal intérêt. BMte se nlève de toute sa hauteur, et avec elk on entre dns le monde moral. Le paganisme n'y a jamais pénétié toot à fait, retenu qu'il était par les chaînes i moitié hrisées du dualisme. La tragédie grecque, comme la veltjjmf conserye encore l'idée fondamentale des religions de k nature, cette irrésistible fatalité, ce mystérieux /o^iwit sphinx égyptien qui rompt l'harmonie et Irouiilè k sérénité de l'hellénisme. Mais on sent qilè celte âibiHé pèse sur une créature morale qui a une part dé liberté et qui frémit d'y être soumise. Cest même œ contraste entre la grandeur de l'homme, tel qu'il est dépèiirt par Eschyle et Sophocle, et les misères de sa destinée, qm donne un caractère si pathétique à ces antiqueô mélopées. Tout d'ailleurs n'est pas abandonné à la fiitalké; toujours quelque crime caché a armé sa main vengeresse. L'idée morale est encore enveloppée d'un nuage; mais elle le transperce de vives clartés, et parfois elle s'en afifranchit tout à fait et apparaît dans toute sa sereine beauté ' .
* Voir le beau livre de M. Patin sur la tragédie grecque^ dont la deuxième édition vient de paraître.