‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 47 sur 184 · ESCHYLE · texte numérisé non relu

ESCHYLE

Eschyle est le^und lyrique de la tragédie. Le chœur oecupe chez lui la première place. Sa langue nerveuse et colorée, mettant tout un tableau dans une métaphore et tout un désesp(Hr dans une imprécation, est T instrument non assoupli d'un génie audacieux et presque titaxttqoe. Ses drames^nationaux, qui, selon son expression, resj^^t le souffle de Mars, sont pleins de Tenthousiasme belliqueux qu*éprouyait la Grèce au lendemain de sa victoire sur la Perse; ses drames religieux nous initient aux luttes et aux déchirements de la conscience, qui est placée entre une ancienne religion qui s'idéalise à ses yeux parce qu'elle ne se Toit plus que dans le passé, et une religion nouvelle, supérieure en soi mais qui ne la satisfait pas. Sa tragédie des Euménides est surtout remarquable à cet égard; on y entend les plaintes de ces antiques vdivinités contre Apollon, le dieu jeune et nouveau ^ ; elles vomissent de sauvages imprécati6ns contre Jupiter, qiû a enchaîné le vieux Saturne. Personnifiant les terreurs de la conscience, elles protestent en son noMi contre la religion tout esthétique de lX>lympe. N'est-ce pas là également le sens profond de ce drame itrange et sublime de Prométkée entha^né? Le vieux ntan est consolé par tous les vaincus de Jupiter, depuis 'Océan jusqu'à la nymphe lo, innocent objet de sa &h> *eur. On se rappelle sa mystérieuse prophétie sur le dieu louveau, dont la flèche transpercera un jour son petécuteur; il y a là un pressentiment sublime delà coneience. ^ul dans l'antiquité païenne n'ra fait entendre

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