‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 50 sur 184 · I4« PHIDIAS · texte numérisé non relu

I4« PHIDIAS

félicité qui le remplit et qa*eiitreti^it la fMâlité arec laquelle il crée ces types incomparables. On. soit que rhomanité n*a pu ayoir qu*un momeit pareQ, et que ce moment a dû être court.

Nous ayons déjà nommé Fartiste par excellence de cette période. La Pallas et le Jupiter olympien de Phidias sont ses deux che£»-d*œuYre et. les che£B-d*œuTre de la sculpture elle-même*. Ces statues, exécutées aTecles matières les plus précieuses dans des proportions cotossales, donnent à la divinité une sublime expression de majesté et de beauté ; elles contribuèrent à purifier Tidée religieuse. Les fragments des frises du Parthénon nous prouvent que le grand sculpteur savait aussi bien représenter la mêlée d*un combat que le calme ^supréme de la divinité. Mais quel que fût le sujet qu'il traitât, il demeurait toujours fidèle à son haut idéal; il conservait la beauté exquise des formes. Polyclète de Sycione, Fauteur de la Junon d'Argos^ fut le dignt émule de Phidias. Après lui, Praxitèle et Scopas, noii moins habiles pour tailler le marbre, n*obéissent pas à une inspiration aussi élevée. G*est la beauté voluptuease d* Aphrodite qu'ils se plaisent à reproduire; les Yénaa de Praxitèle respirent la volupté, non pas une volupté grossière, qui ne serait plus du domaine de Fart, mais une volupté élégante, délicate, non moins dangereuse. On sent que le règne des courtisanes a cornmencé; et que la Grèce est déjà descendue des hauteurs sereines où elle s*est élevée un moment. Cependant

* Voir le JupUer olympien de Quatremère de Quincy.

LA PESKTURE GRECQUE. 447

qnelqneB-imes des centres de Scopas appartiennent en» core à cette grande période. H snffit de citer Y Apollon pythique et le Groupe de Niobé; dans cette dernière œnyre, la représentation d*une cruelle douleur n*dte rien à la calme beauté des figures. Lysippe, continuateur de racole d*Argos, s*est surtout attaché à là reproduction des athlètèSc Son type préféré est Hercule. La peinture jette un yif éclat sur cette période. Zeuiis^ Parrh'asius et les peintres de Técole de Sycione; qui a pour dief Apeltes, unissent Téclat du coloris à la grâce de l'expression. Toutefois, la peinture deyait en Grèce demeuret inférieinre à la statuaire ; le christianisme seul pou- Tait la porter à la perfection en lui donnant le monde intérieur de TAme à réyéler par ses couleurs aussi changeantes et yariées que nos sentiments les plus intimes. Mais Tarchitecture, cette sœur aînée de la sculpture, qui profitait de tous ses progrès, devait atteindre son apogée à la même époque. Il suffit, pour s*en conyain* cre, de nommer le Parthénon, qui est parmi les temples de la Grèce ce que le Jupiter olympien est parmi les statues. Le Parthénon était dédié à la divinité tout intellectuelle qu'adorait Athènes; Tédifice, qui empruntait ft Tordre dorique la simplicité de ses colonnes avait un caractère de sérieuse beauté tout à fait en harmonie avec le culte de la Vierge immortelle. On y retrouvait, du reste, Félégance la plus exquise; Un nouvel ordre, Tordre corinthien, substituant dans les colonnes la feuille d^acanthe à la volute ionienne, remonte à cette époque d*incomparable fécondité artistique. Le temple de Jupiter olympien, orné de la fameuse statue de Phi-

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difts, en liàppette toute là grandeur. G*est lé teil^Ie grandiose de rhomanisme triomphant, et par conBéquent le centre de rhéllénisme.

La religion était trop étroitemait Uée à Fart pour ne pas grandir et s*éparer avec lui ' . TontefiMS, fl ne fiât jamais oublier qu'il y a toujours eu en Grèce un double courant dldées religieuses, Fun plus spirituali8te4'aiitre souillé par d'impures légendes ; malheureusement ces divinités contaidictoiresy dans lesquelles la consdebee et les passions se reconnaissent tour à tour, iTiient historiquement un droit égal. Jupiter, pendant cette période, deyient de {dus en plus le dieu Bouyeriiii, h conducteur de toutes choses ', le créateur du del et de la terre. G*est lui qui surveille les actions coupables des hommes, et il est à ce titre le dieu de la justice. S*il frappe, il sait aussi consoler; il est le refiige des mortels. « Le dieu des suppliants, dit magnifiquen^nt Eschyle, s*irrite quand les cris des malheureux ne sont point écoutés '. » Il est toujours le dieu de la cité , le protecteur du foyer et le gardien Tigflant des devoirs sacrés de Thospitalité. Il est le dieu grec par excellence. La Grèce entière se prosternait avec an égal respect devant Timage sublime de Jupiter oljmpien^ la plus majestueuse représentation de la diTinité humanisée.

Les autres divinités ont subi pour la plupart la même transformation. Junon est réponse lé^time de Jujûter;

' Blaary^ 1. 1, p. 413.

* navT(i>v irçfywip. dém. d*Alcx. Strom., yi,784.

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