ÉPURATION DE LA RELIGION
elle partage ses attributs; elle e^ r idéal de la insi'^ trône. Athénée on BGnetve prend mi rang très élevé snr cet Olympe transfigure. Elle représente le côté intellectuel du dieu suprême, sa ^esse, sa prudence accompagnée de ce courage paisible qui as&ure le succès dans les combats. Sur son iront pur et ëlcTé brille la peuf^e ; sa main esrt armée de la lance guerrière. Ille favorise en même temps Tartiste et le lid)oureuir. Le farouche Ares ou Mars^s^efface devant elle ; il descend au second rang, bien qu'on lui reconnaisse Tattribut de la justice ^ Neptune, comme Mars et Yulcain, conserve les anciens {(ttribnts ; Tidéalisation était plus difficile pow des divinités si étroitement liées à la vie de la nature. Ni Kercure ni Pluton ne subissent d*importantes modifications. AphlK)dite ou Vénus, bien que rabaissée par Praxitâeau rang d'une courtisane, représente pour Pindare la beauté féminine dans ce qu'^elle a de plus délicat et de plus noble. La Véhus de ift/o suffirait à elle seule pour prouver que la déesse de la beauté personnifiait autre chose que la vie galante et la volupté. La fierté et la chasteté sont empreintes sur ses traits ; elle représente la jeunesse et la grAce bien plus que Famour sensuel. Mais il était facile de prévoir que TAphtodite voluptueuse remporterait bientôt sur la Yénus idéale, et que rancienne Astarté orientale finirait par effiiçer la divinité hellémque.
Le travail d* épuration se fait surtout remarquer à cette époque dans la vénération particulière accordée à
' Hymne homérique à Mars, Y, k.
4S0 APOLLON ET BAOCQUS.
deux divinités qui étaient sans importance à la période précédente. Apollon et Bacchus sont placés immédiate' ment après Jupiter et PaUas. Le premier, adoré à Hàr pbes, était d'abord le dieu de la luQiière; il devint le dieu de la pureté, réclama de Thomme les ablutions sain* tes et le sacrifice. Lui-même, diaprés les mytbesdela contrée, avait eu besoin de se purifier pour avoir vené le sang du serpent Pjthon. Aussi c*est à Dçlpbes q^g Ton devait se laver du sang versé par la violence^ tout un système de purification fut élaboré par les prêtres, et marqua d'un caractère plus sérieux une religion essentiellement esthétique. Apollon fut considéré conune le dieu médiateur entre le ciel et la terre; il révèle la volonté des dieux par ses oracles et réconcilie les hommes par le sacrifice avec Jupiter * .
On cognait les périls de Tenfance de Bacchus, fils de Jupiter et de Sémélé, poursuivie parla colère jalouse de Junon, puis sa marche conquérante jusque dans Vînàt, et son retour dans la Thrace, « Bacchus, dit très bien M. Maury, est pour aipsi dire le dernier des dieux de Tancienne Grèce. 11 garde dans sa légende à la fois le caractère du héros et celui du dieu, c'est-à-dire d'homme déifié et supérieur à l'homme. Il constitue la chaîne qui lie les anciens dieux olympiens, tels qu'on les rencontre dans Homère, aux dieux modernes, héros qui viennent prendre place à côté d'eux et usurpent n)éme parfois leurs attributs ^. » Hercule, est, à bien des égards, un dieu semblable à Bacchus; seulement couine
* Dunker, III, 54Î. — * Maury, T, 521 .