‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 53 sur 184 · H MYSTÈRES D*ÉLEUSIS · texte numérisé non relu

H MYSTÈRES D*ÉLEUSIS

Titans, pais miraculeusement sauTé par Jupiter, la mutilation du jeune dieu figuraiMe Êraetionnemént dfis êtres à la création ; sa résurrection était TenddèiDede la palingénésie universelle M du retour à Funité de toute existence particulière * • Les mystères de Tioaioiir, interprétés par les Orphiques figuraient également le retour des êtres à Tunité par la YOfe de I^amouf, qui doit faire disparaître toute discorde. Le mytbe 4fi Psyché fut élaboré dans ce sens. Ces mystères, plus philosophiques que religieux, n^ayaient ni rnUportance ni la popularité de ceux d^Eleusis. Ceux-ci étaient des* tinés à conjurer TépouYante qu'inspirait Tidée de h mort et à donner la paix à la conscience troublée *. le témoignage des auteurs anciens est très peâtif à eet égard. Ces mystères, dit Isocrate dans «on panégyrique, assurent à ceux qui y sont admis lespks douées espérances, non-seulement pour la fin de ^ette Yk, mais encore pour la durée de tous les temps *. Gicéron dit à leur sujet : « Nous n*aYons pas seulement reçu le moyen de vivre dans la joie, mais encore de moinir avec une meilleure espérance pour la mort^. i» Si ces mystères se rattachent à Cérès et à Proserpine, c'eut pour des raisons profondes qu'il est facile de décoUTtir dans le fameux hymne homérique à Béméter, qui contient la légende sacrée dramatiquement représentée à

^ Greuzer^ traduction Guigniaut.

* Voir^pour les détails, les Mémoires sttr les mystères de Cérès et de Proserpine, par M. Guigniaut^ membre de Tlnstitut, 1856. Voir auSd le chapitlre sur les Mystères, dans le deuxième volume de M. Maory.

3 Isocrate. Panégyrique y c. VI.

^ Neque solum cum Isetitia vivendi sed etiam cum spe meliore morietidi.

HTSTÈIES JrÉLEOSiS. 123

Eleusis * . €érès chei^che en Umt liea sa fille Pfoserpine enleTée par Plotcm. Elle anire accablée de fetigue à EleBsis, Hégfwée en ideille femme. Reçue par la fille du roi CélénSy nn instant distraite par les bouffonneries indécentes de la senrante lambé, elle se consacre à Téduca* tion de Triptolëme, le fils de Géléus. Afin de lui donner l^immortalité, elle le jette dans le feu. La mère de Triptolèikie ayant . poussé un grand cri à ce spectacle, le diarmê est rompu; son fils ne sera pas un dieu, il ne sera qu'un béros bienfaiteur de la contrée. Telle est la déclaration de la déesse, qui s'est soudain dévoilée et à laquelle un temple est consacré à Eleusis. Furieuse de ne pas retrouver sa fille, elle frappe la terre de stérilité, et elle ne s'apaise dans son courroux, malgré les mpplications. de Jupiter et des dieux de TOlympe, que quand Pluton consent à lui rendre sa fille pour neuf mois de Tannée;

Les mystères d'Eleusis, qui commençaient par une série de purifications désignées du nom de petits mystères, par opposition aux grands mystères, étaient une sorte de représentation dramatique de la légende de* Cérès. Us avaient lieu en automne et au printemps. A la pr^ntëre saison ils roulaient sur les recherches anxieuses de Cérès; à la seconde ils représentaient l'heureux moment où elle retrouva sa fille. L'initiation suprême était le dernier acte, le plus solennel de ce drame religieux. Les initiés ou époptes voyaient apparaître soudain au milieu des ténèbres l'idole de la déesse

1 Voir cet hymne dans la collection Didot; voir aussi Sainte-Croix sur les mystères.

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