SOCRATE. NOBLESSE DE SA VIE
lumière et des forces qui lui ayaient été données. Il fat fidèle « sur le peu de choses qui lui avaient été confiées, « c* est-à-dire qu'il fut fidèle à toute la portion de vérité qu'il connut.
Ce qu'il y a de plus remarquable chez Socrate, ce n'est pas le système, c'est l'homme '. Le souvenir qn'il laissa à ses disciples, bien que très idéalisé, l'affection mêlée de respect qu'ils ne cessèrent d'éprouver pour sa personne, témoignent suffisamment de Félévation de son caractère et de sa pureté morale. On reconnait encore en lui un Grec d'Athènes, nourri dans bien des erreurs dangereuses, trop asservi au joug des coûtâmes païennes ; mais sa vie n'en est pas moins une nobte vie, et il faut recourir à la calomnie pour en ternir la beauté par d'odieuses insinuations, comme le lEdtLnden et comme l'ont trop souvent fait après lui de maladirâts défenseurs du christianisme , qui s'imaginent qu'il profite de tous les avilissements de la nature humaine. Né dans une position humble, dépouillé de tous les avantages extérieurs dont la Grèce s'est toujours montrée si passionnément éprise , Socrate exerça une véritable royauté sur les esprits, et sa domination fut d'autant plus réelle qu'elle était moins apparente. Personne n'a plus que lui repoussé les moyens vulgaires pour produire de l'effet sur les hommes, comme la dignité d'apparat, ou la pompe magistrale du discours. Il faisait sortir la leçon morale ou philosophique des libres entretiens de l'amitié ; sa parole n'avait point l'accent de
* Voir sur Socrate, à part les ouvrages déjà cités, la belle appréciatioii de Brandis (I,§35).