‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 57 sur 184 · SON AMOUR DE LA VERITE · texte numérisé non relu

SON AMOUR DE LA VERITE

Vautorité. Il préférait le ton d'une conversation enjouée dans la forme, assaisonnée d'une fine ironie et dont il loi suffisait de diriger le cours capricieux pour atteindre son but. n n'avait point constitué d'école; toute heure et tout lieu lui étaient bons pour enseigner, la place publique cQjnme une boutique, la salle d'un banquet comme l'intérieur d'une prison. Trois choses firent surtout sa force : son affection dévouée pour ses disciples, son amour désintéressé de la vérité et l'accord de sa vie aTec sa doctrine. « Il s'étonnait, dit Xénophon, que l'on put se procurer de l'aident en enseignant la vertu, comme si le plus grand gain n'était pas d'avoir un ami Tortueux. H aurait craint ainsi de diminuer la reconnaissance qu'il désirait inspirer * . »

Comparant ailleurs la vérité à une jeune vierge, il déclamt qu'il se croirait aussi bien déshonoré en la vendant pour de l'argent que s'il livrait pour une somme une jeune fille qui lui aurait été confiée ^. Quand il disait aimer quelqu'un, il n'entendait parler de rien d'extérieur, mais toujours de l'ûme et de la vertu ^. Il mettait l'amitié par-dessus tous les biens de la terre. Quel bien, disait-il, n'est pas inférieur à un véritable ami ! n est facile de comprendre que celui qui mettait l'amitié à si haut prix inspira à ses disciples une vive et profonde affection. L'estime égalait l'affection, car ce qu'il enseignait il le pratiquait scrupuleusement. S'il recommandait la tempérance et la sobriété, il en donnait l'exemple ; pauvrement vêtu , content de peu , il dédaignait

« Xénoph., Mém,, î, 2, 7. — « Id., I, 6, 13. — » Id,, IV, 1, 2.

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