PLATON
esprits élevés, et que Ton peut considérer comme le plus grand événement de Thistoire de la pensée en dehors du christianisme. On a même prétendu qu'elle avait rendu toute révélation inutile en donnant à Thumanité , sous la forme spéculative, la pure morale que r Evangile devait populariser plus tard. Pour réfuter cette opinion , il suflEit d*exposer le système de Platon. Il n*est certes pas nécessaire d'exagérer ses mérites pour rendre justice à cette glorieuse école du spiritualisme dans Tantiquité, aussi grande par ce qu'elle détruit que par les idées sublimes qu'elle a mises dans le monde.
r^é vers la fin du siècle de Péridès , lié aux hommes les plus distingués de la république par la parenté ou l'amitié, Platon débute en cultivantcette poésie qu'il voolnt plus tard proscrire de sa République^ mais qu'il ne parvint jamais à chasser de son esprit. En effet, s'il est nai que la poésie se retrouve en dehors de l'arrangement des mots rhy thmés, Platon est l'un des premiers poètes de la Grèce. Dès qu'il eut connu Socrate, il n'abandonna plus la haute spéculation ; ses vastes études et ses voyages, dont une sage critique doit réduire le nombre * , le mirent en possession de tous les trésors accumules par la science et la religion avant lui. Maniant, , dans la plus belle des langues, le plus souple instrument de l'intelligence; unissant, comme l'a dit M. Cousin, le sublime et la grâce, tour à tour ingénieux et brillant, doué d'une imagination créatrice et vraiment plastique
i Voir RittedTj Histoire de la Philosophie ancienne j U U, p. 129.