MORALE DE PLATON
cation aTCC rhomme, c'est par rintermédlaire deff dèmons, qui sont comme les entremetteurs entre le ciel et la terre, que la divinité converse et s^entretient avec nous, soit pendant r état de veille soit pendant le sommeil*. » Tels sont les traits généraux de la pl17sique.de Platon* Il nous suflSt de les avoir indiqués. On 7 retrouve la grandeur et l'imperfection de sa dialectique, c*est-à-dife un puissant effort pour tout ramener à Tunité de la pensée divine, constamment déjoué par un dualisme invar cible. Le dieu de Platon subit, au travers de toutes les sphères de la vie, un véritable supplice de Mézence, en étant éternellement attaché à cette matière indisciplinée qu'il n'a pas produite et qu'il ne peut détruire. L'idée du bien, principe de l'unité, est comme rivée à la diversité incohérente qu'elle ne dompte jamais qu'à mr»tié. Le mal est au fond de ses plus belles créations, et plus ses œuvres se multiplient plus le mal abonde; les êtres forment une échelle décroissante. L'honmie est une dégénérescence des dieux, la femme est une dégénérescence de l'homme, et ainsi de suite. Le dualisme platonicien rejoint ainsi l'émanatisme indieh , sans cependant arriver à ses dernières conclusions, grâce au développement de l'élément moral.
Déjà nous avons reconnu que Platon, tout en admet' tant la nécessité du mal, admet chez l'homme la capacité de le vaincre, au moins en partie; il accorde une part à la liberté. La terre est à ses yeux un lieu d'épreuve et même d'expiation; car nul plus que lui n'est éloigi^
* OsbçSà àvOpéxco oi [xCyvuTat. Banquet, c, XXIII.
DECEKANCE DE L'HOMIfE. 457
d'an optûnisme superficiel. Notre condition actuelle lui parait une déchéance et un châtiment. « Autrefois, dit-il, dans la yie antérieure, notre âme a contemplé les essences. Sa beauté rayonnait dans tout son éclat lorsque , mâés'au chœur céleste , nous marchions à la suite de hpiter, comme les autres êtres à la suite de quelque autre dieu; lorsque, jouissant d*une vue et d*un spectadc ratissants, nous étions initiés aux mystères qu'on peut appeler des bienheureux , et que nous célébrions , eiempts des imperfections et des maux qui nous attendaient dans la mort; quand, parvenus au plus haut degré d'initiation , nous admirions ces objets par&its , et qae nous les contemplions dans une lumière pure, purs nous-mêmes^ et libres du tombeau appelé le corps. Que Ton pardonne ces longueurs , ajoute Platon , au regret qu'inspire le souyenir des spectacles dont nous jouissions alors ^ Cette yie bienheureuse a été perdue par notre faute. » Entraînée par des liaisons dangereuses, notre âme a oublié les choses sacrées qu'elle avait otMitemplées. Nous ressemblons actuellement à ces captifs qui nous sont si poétiquement représentés dans le septième livre de la République^ enchaînés dans la cayeme qui leur sert de prison, le dos tourné à la huniëre et ne voyant, par conséquent, que les ombres ^ objets qui passent derrière eux sans qu'ils puisant jamais les voir eux-mêmes. Cependant ces om- ^^ pâles et fugitives suflSsent pour réveiller en nous
*■ 'kiçkà xai àrpefiiY) xal s&3a({xova çoa^JUXTa (JLVoufAsvot- yuû èxo-
■feûovreç èv aô-fg xaOap^ xaOapol ovreç. Phèdre, c. XXX. (Voir tous ^ uenreiUeoz morGeanx.)