LE PLATONISME, PRÉPARATION DU CHRISTIANISME
n'est pas rhumanité tout entière qu'il a diirinisée; il n'a reconnu la diyinité que dans la partie supérieure de notre être. Il a ainsi élevé TheUénisme aussi haut qu'il pouyait monter. Il a recueilli ses plus nobles éléments pour les purifier encore et les coordonner. C'est ainsi q[a'après Socrate il a été l'apôtre inspiré de l'idée morale, non pas sans doute comprise dans toute sa profondeur, mais présentée néanmoins dans sa sainteté et son inflexible rigueur. Qu'on lise le Gorgias, le Philèhe^ et surtout le traité sur la République et les loiSy et l'on entendra ayec ravissement la grande voix de la conscience bmnaine couvrant tous les sophismes de l'intérêt personnd et le tumulte des passions ! S'il nous fait assister ULtriomphe de l'homme inique dans la première partie iRh République y c'est pour nous révéler à la conclusion du livre toute la fausseté de ce triomphe. « Quant aux fléchants, dit-il, je soutiens que, quand même ils au- ^nt d'abord réussi à cacher ce qu'ils sont, la plupart d'entre eux se trahissent à la fin de leur carrière ; que lorsqu'ils sont devenus vieux, on les couvre de ridicule et d'opprobre, et que tous ces maux ne sont rien comparés à ceux qui les attendent dans l'autre vie. Quant à rhomme juste, soit qu'il se trouve indigent et malade, ^ maux prétendus tourneront à son avantage durant ^ Tie et après sa mort, parce que la providence des dieux est nécessairement attentive aux intérêts de celui Çtt travaille à devenir juste et à parvenir, par la prati^<3 de la vertu^ à la plus parfaite ressemblance que l'homme puisse avoir avec la divinité. Il n'est pas naturel qu'un homme de ce caractère soit négligé de celui
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auquel il s'efforce de ressembler *. » Platon s'âèTesi haut au-dessus de tout eudémonismef qu'il déclare nettement dans le Gargias qu'il yaut mieux souffirû Tliqua tiee que la commettre. « Je soutiens, dit-jl, que ce qa*i j a de plus honteux n'est pas d'être frappé injustemoi sur les joues, ni de se yoir mutiler le corps, mais que n frapper et me mutiler injustement, et que me Toler e me réduire en esclayage, commettre en un mot quelqia espèce d'injustice que ce soit envers moi et à ce qui es à moi, est une chose plus mauvaise et plus laide pou celui qui commet l'injustice que pour moi qui la soni fre '. — C'est un grand combat, dit-il ailleurs, et phi grand qu'on ne pense, que celui où il s'agit d'être Tel tueux ou méchant. Ni la gloire, ni les richesses, ni le dignités, ni enfin la poésie ne méritent que nous né|^ gions pour elles la justice '. » L'idée morale a eb& Phiton une telle yérité, que, comme on l'a remarque l'expression qu'il lui donne a parfois une singulièn analogie avec des textes des saintes Ecritures. Ce qu relève surtout son point de vue éthique, c'est qu'd n'c»^ point entaché de ce pélagianisme sec et frivole qui e» au fond de toute morale purement philosophique. C reconnaît que Thomme ne peut par lui-même s'élevei au bien. « La vertu, lisons-nous dans le Ménon, n'es point naturelle à l'homme ni ne peut s'apprendre, mai£ elle survient par une influence divine. La vertu Tienl par un don de Dieu à ceux qui la possèdent '. » Platon i
« Répub., liv. X, p. 12, 13.
« Gorgias, c. XXIX.
» MéYa; ^àp h à^i^^. Répub. liv. X, c. VHL
^ Voir la conclusion du Méhon.