PHILOSOPHIE D*ARISTOTE
mouYement est dans le désir universel da bien absolu. « Le monde est mu par l'attraction qu'exerce sur lui k pensée étemelle, Ténergie sereine de rinteUigesee divine * . »
Ces principes sont appliqués à la physique. Le àâ est le premier mobile mu par le moteur divin, et tout se meut après lui. Le mouvement est la fin de chaqueètce; Tâme, ou Ténei^ie rationnelle, est la fin ou, pour parler la langue d'Aiistote, Ventéléchie du corps. La morale, à ce point de vue, est une sorte de mécanique spiritnéHe; comme tout en revient au mouvement, elle est la sdeiioc de réquilibre dans la sphère supérieure de la tie. H itf faut pas lui demander T effort sublime du platonisme: elle rase la terre de très près. La fin^ le but de la vie, es le bonheur, et le bonheur doit être cherché dans Facti vite conforme à la vertu ; la vertu est définie par Aristof comme la juste mesure ou le juste milieu^. Le gran^ philosophe péripatéticien sacrifie tout à TEtat, à Texeni pie de Platon. La famille est la fin ou Tentéléchie d^ riudividu, et TEtat est la fin de la famUle. La digniU de r individu est foulée aux pieds. Aussi Aristote professe-t-il sans scrupule les plus odieux principes soi l'esclavage et même sur la traite des esclaves, tefli qu'elle se pratiquait dans Fantiquité. Appliquant ingénieusement à la politique ses principes ontologiques, i voit dans le sol et dans la population d'un pays Félémeal matériel de FEtat; c'est à la constitution sociale àlo^ imprimer une forme. On sait de quelles vives lueurs son
* Kivsî 8à wç èp(A>[JLevov. Métaph., K. 7. « Ritter et Preller, p. 294.
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génie a éclairé la politique. Son amour du juste milieu ramenait à donner la préférence au gouyernement des classes moyennes.
Si maintenant nous apprécions dans son ensemble la philosophie d'Aristote , elle nous parait déborder déjà, par mi côté^ la grande période de Thellénisme. Elle n'inaugure pas la décadence, mais elle la prépare. Nous admirons en elle le plus puissant effort de Fesprit humain dans l'antiquité ; elle laisse des résultats acquis pour jamais dans la psychologie et la logique. Elle a assoQpU rinstrument de la pensée philosophique ^ elle lui a donné une finesse et une précision dont on profitera toujours. Néanmoins, à tout prendre, elle nous semble inférieure à sa deyancière. En combattant ce que la théorie de Platon sur les idées avait d'exagéré, elle a été amenée à réagir contre Tidéal lui-même et elle a ramené la philosophie sur la pente du sensualisme, laissant le duaHsme inexpliqué tout autant que le plato- ^lue, elle a relevé le côté sacrifié par lui, le côté de la particularité, de la contingence. On peut prévoir que les successeurs d'Aristote oublieront bientôt la partie ^yée de son système , celle qui concerne le premier Mobile, et qu'ils s'attacheront à la sensation pour la sensation. Mais c'est surtout au point de vue moral ^l'éclate l'infériorité d'Aristote. Son dieu, comme il le "it lui-même, est au-dessus de la vertu * ; il est la pensée pore plutôt que le bien; indifférent, solitaire, il n'en- ^etient aucun rapport avec les hommes. La morale n'a
* 0 Yàp 6ebç PeXTiwvnjç àpeitiç. Ethic, nec, VU, 1.
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pas de base divine ; elle ii*a point on type étemd denat les yenx ; elle n*a point de secours à attendre d'en huL Aussi la philosophie d' Aristote a eu très peu d^aetkm m la conscience. Son mérite essentiel est d'aToir doiué à rhumanisme hellénique sa formule la plus parfaite,» fidsant de Dieu la raison étemelle , la pensée qvi tt contemple elle-même. Aristote a , par là même, adievi de ruiner le polythéisme dans les hautes r^ioiiB k rintelligence. « Le commandement de plusieurs, dil Aristote dans sa Métaphysique^ n^est pas bon; il nabot qu'un seul chef. Une tradition yenue de Tantiquité h plus reculée, et transmise à la postérité sous le Toile de la fable , nous apprend que les astres sont des dieux et que la divinité embrasse la nature entière. Tout le reste n*est qu*un récit fabuleux imaginé pour persuader le vulgaire et pour servir les lois et les intérêts communs. Ainsi on donne aux dieux la forme humaine, on représente sous la figure de certains animaux, et inventions du même genre qui se rattachent à ces fables^ »
Ce passage nous suffirait à lui seul pour nous montrer que nous avons atteint le terme de la période de progrès et de gloire pour le paganisme. D'Orient en Grèce, l'idée de Dieu s'est épurée et précisée; rhomnic commence à comprendre que Tunion avec la Divinité doit être autre chose qu'une absorption panthéiste on une apothéose humanitaire. Il entrevoit une union pins sainte , une réparation plus digne de Dieu et de Ini»
« Métaph., XU, 8.