‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 77 sur 184 · ALEXANDRIE SUPPLANTE ATHÈNES · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE SUPPLANTE ATHÈNES

parant ainsi la ruine totale de la liberté grecque, que Borne allait bientôt briser pour toujours.

Au déclin d'Athènes correspond la gloire croissante d* Alexandrie, qui deyicnt le centre de la civilisation grecque pendant cette période. La première de ces villes avait été le foyer le plus brillant de Thellénisme ; elle avait été longtemps sa métropole intellectuelle. On 7 avait admiré une civilisation forte sans dureté, gracieuse sans mollesse, combinant dans un iâurmonieux ensemble toutes les qualités de la race hellénique. C'est ce qui fît de ce petit pays la terre classique de la liberté et de Fart; le beau dans tous les genres y apparut dans ses proportions délicates et revêtit une perfection inimitable. Athènes fut vraiment la république des lettres, la démocratie idéale où les distisctioQS de T esprit remportaient sur toutes les autres, ôè tous les dons intellectuels se développaient avec une merveilleuse facilité et se retrempaient dans les luttes fécondes d'un peuple libre. Alexandrie, la nouvelle métropole de la Grèce, est en tout point Topposé d* Athènes. Bâtie par un grand conquérant qui avait rdvé de réunir le monde sous son sceptre, elle avait été choisie par lui pour servir de point de jonction entre r Orient et FOccident, et il y avait fait construire des temples aux divinités de F Egypte comme aux divinités de la Grèce. Elle fut toujours fidèle à la pensée de son fondateur : le génie de FOrient et le génie de FOccident s'y mêlèrent , s'y confondirent et s'y altérèrent réciproquement. Indéfiniment agrandie sous les Ptolé-

mées, recueillant dans son immense bibliothèque tous I 12

Page 1