‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 82 sur 184 · LES GRAMMAIRIENS D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

LES GRAMMAIRIENS D'ALEXANDRIE

phétique. L*aiicien monde n'est pas encore assez humilié; il n*accroit plus ses richesses, mais il en fait Finventaire. U éprouve une vive satisfaction à les compter, et cette satisfaction, qui n'est plus Fenthousiasme, est ce <in'ïl y a de plus contraire à la poésie. Si les poètes manquent, les grammairiens et les commentateurs abondent; ils fixent le canon de la littérature grecque, et déterminent avec soin les œuvres vraiment classiques, ayouant ainsi que la grande époque littéraire est passée, et qu'eux et leurs successeurs en sont réduits à imiter les types immortels du beau sans essayer d'en créer de BOQYeaux. Zénodote, Aristophane de Byzance et Aristarque, occupent le premier rang parmi les critiques et les grammairiens ; mais s'ils dissèquent habilement la grande poésie, ils n'ont pas le pouvoir de la ressusciter. l'Mstoire seule trouve son profit dans les circonstances nouvelles qui ont été faites à la littérature : son horizon s'est élargi; elle n'est plus exclusivement nationale ; elle commence à rechercher avec Polybe Fenchalnement profond des causes et des effets. L'éloquence, au contraire, dépérit de plus en plus : elle n'est plus la langue lerveuse et passionnée des débats publics au sein d'un )eaple libre ; plus elle est vide et creuse, plus elle prend les formes amples et affecte une fausse majesté. Cicéron 'a caractérisée admirablement en Fappelant asiatique; î'était peindre d'un mot sa pompe frivole et sa bassesse. On put croire que Fart, depuis Alexandre, prendrait ine extension nouvelle * . Le premier contact avec

» Voir Otfried MuUer, Arcftœologie, p. 144-176.

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r Orient rajeunit ï inspiration sans V altérer; la nationaUté helléulqae avait encore trop de vigueur pour abdiquer. L'artiste grec pouvait bien être séduit par le grandiose oriental, mais non pas déserter la tradition des écoles de son pajs. Cependant le nouvel ordre de choses inaaguré par le conquérant allait bientôt précipiter la décadence des arts plastiques. L'artiste, dans les intéllir gentes démocraties de la Grèce, devait chercher dans ses œuvres à saisir Tesprit et Timagination de tout on peuple artiste lui-même. Il fallait donc qu*il s'attachât à un point de vue élevé, universel et vraiment humain: de là le caractère religieux et patriotique de ses inspirations. 11 n'en est plus de même depuis qu'il a troavé auprès des princes une protection assurée. Il est désormais préoccupé de flatter leurs goûts et leurs phi* . sirs. Toutes les grandes idées de l'hellénisme avaient été exprimées par les glorieux artistes du temps de Périclès. Ils avaient, comme les poètes leurs contemporains, emporté avec eux la noble inspiration & laquelle ils avaient obéi. Leurs successeurs étaient rompus à tous les secrets du métier; ils maniaient le ciseau avec uue habileté incomparable ; mais ils n'avaient pas d'idées grandes, et surtout d'idées religieuses à exprimer. L'art se faisait courtisan ; il l'était avec une distinction merveilleuse, mais qui ne pouvait racheter la vile condition acceptée par lui. Il élevait plus de palais que de temples ; il visait au brillant et à l'utile, comme le prouve la construction d'Alexandrie et d'Antioche. Il était beaucoup plus préoccupé d'embellir la demeure de l'homme que de donner un caractère imposant aux édifices reli-

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