‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 84 sur 184 · COMMENCEMENTS DE LA PUISSANCE ROMAINE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE LA PUISSANCE ROMAINE

Rome avant et après la conquête de la Grèce.

Peadant que la Grèce sY*puisait en lattes intestines, une puissance nouYclle surgissait en Italie^ et tout faisait prévoir qu^elle serait Théritière heureuse des conquêtes d* Alexandre. Ses origines avaient été humbles et obscures. Elle avait eu pour berceau une petite viUedn Latium, habitée par une population rude et grossière, singulier ramassis de bergers et de brigands. Mais cette peuplade ignorée, et qui méritait à tous égards ce nom de barbare si généreusement prodigué par la Grèce, possédait une force cachée qui est le secret des grandes choses et qui accomplit l'impossible sur la terre. Elle avait foi dans ses destinées, et cette foi était indcnnptable , car après chaque revers elle reparaissait pins énergique. Le peuple romain n*avait pas cessé un senl jour de marcher à son but de conquêtes, avec une persévérance aussi infatigable qu'héroïque. Aucune victoire n'épuisait son ambition, aucune défaite ne brisait son courage. Vaincu, il attendait un retour de fortune; vainqueur, il faisait un pas en avant. Jamais l'unité et la solidarité des diverses générations d'un peuple n'apparurent plus réelles ; on eût dit un seul homme toujours animé d'une même pensée. L'œuvre commencée par les pères était reprise sans hésitation et sans retard par les fils au point où elle avait été laissée. Cette forte race romaine fut aussi bien trempée par les luttes de la démocratie qne par la guerre étrangère. Les violents débats entre les patriciens et les plébéiens remplissent toute l'histoire

GÉNIE MALE ET GUERRIER DE ROME. 49f

intérieure de Borne; ils lui donnèrent ce caractère de

fierté et de dureté qui caractérise son génie. Elle grandit

sous le régime d'une orageuse liberté qui remuait trop de

passions pour ne pas être souvent ensanglantée. Le Bo-

main se repose de la guerre et du forum par Fagricul-

tore ; ses mains sont vouées à la charrue et au glaive. De

là une grande simplicité de vie qui va jusqu'à Fausté-

rite, un je ne sais quoi de grand et de sérieux répandu

sur toute Texistence, la pureté relative des mœurs, la

%iiité du foyer domestique, mais aussi une dureté im-

pbeable pour le vaincu ou pour T étranger. Le Bomain

.delà république, comme on Ta très bien dit, est Thomme

Ad droit; il le représente dans ce qu'il a d'inexorable,

3 Ta formulé avec une incomparable netteté et un grand

8^8 pratique ; mais il n'a pas compris que s'il a des

droits, il a aussi des devoirs. Il se regarde naïvement

eomme le créancier du genre humain et il s'imagine qull

loi appartient en propriété légitime, tandis qu'il ne lui

doit rien que des proconsuls pour l'exploiter. Cette in-

Sexibilité^t cet orgueil revivent dans la langue de cette

*aGe conquérante, langue précise comme un comman-

lement militaire, brève comme un mot d'ordre dans le

lombat, négligeant toutes ces articulations délicates qui

issouplissent le discours et dont l'idiome grec abonde.

^finat ad res. C'est la langue de l'action, tranchante et

Inre comme un glaive. Elle ne se contente pas de

leindre la pensée, elle la grave et la burine.

On comprend que la religion d'un tel peuple dut lifférer profondément du paganisme hellénique. Ses )remières croyances furent un mélange d'anciennes

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