‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 87 sur 184 · LE MONDE GRÉCO-ROMAIN · texte numérisé non relu

LE MONDE GRÉCO-ROMAIN

La décadence universel^ et Funiverselle aspiration * .

1 peut sembler étrange que Ton parle d*uue univerle décadence dans un temps où le monde ancien , tni presque tout entier sous une domination uiûque, )ates les apparences delà puissance et de la prospéi. Comprenant TEspagne, la Gaule, la Bretagne, alie, rniyrie, la Grèce, F Asie Mipeure, TEgypte, brique et les îles de la Méditerranée, c'estnii-dire ^000 lieues carrées des plus fertiles contrées, Tem- 3 romain réalisait à peu près le réYC de tous le$ nds conquérants : c'était bien T empire .d|i monde, tait défendu par une armée régulière de cinq cent

«a source principale est la littérature grecque et romaine sous Tem- J'ai indiqué avec soin dans les notes les oavrages des divert auteurs uels j*ai emprunté des citations. Je rappelle Touvriige de DrosUinger^ 3ité; les pages si remarquables qui ouvrent l'Introduction de la gràiiclié *ire de VEglise, de Néander. Pour l'état social du monde romAin, erai : De finfluence du christianisme sur le droit écrit des Ron^ains, t. Troplong. Paris, 1855. — Laboulaye, Recherches sur la condition 'kmmes, — Augustin Thierry, Introduction à Vhistoire dis GmUois la domination romaine. — Essai historique sur la société civile te monde romain, par Schmidt. Strasbourg, 1858. — Lei Césars, 3iampagny. -r Voir aussi le zoorceau si remarquable de M, VUl^- 1 sur le stoïcisme et la décadence du paganisme, dans son Tableau ^quenee chrétienne où IV* siècle»

8<K) LE GRAND SIÈCLE ŒJiSSIQUE.

mille hommes, rangés dans les cadres de ces fimieiises légions, qui constituaient la plus savante organisation militaire connue. Le despotisme impérial, résultant de la concentration sur une seule personne de tontes les charges de la république , avait tout transformé dans Fancienne constitution en paraissant tout conserver. Od pouvait croire qu'il donnerait la paix au monde fatigué. Auguste mettait un peu d'ordre dans le chaos mytholo* gique de Rome, et essayait par voie de décret une restauration religieuse. La littérature et les arts atteignaiait leur apogée; la langue, assouplie par Horace et Virgile, unissait la précision à Télégance etTevètait cette beauté classique si fugitive dans les littératures, mais qui fixe les règles du beau véritable parce qu'elle en est le type le plus parfait. Toutefois, la restauration religieuse, comme la restauration littéraire , n'était qu'une haMe dans la décadence^ ou plutôt elle réussit à la dégoisâr un moment sans l'interrompre. La restauration rdl* gieuse est purement politique et ne parvient pas à dissp muler le mépris des dieux, qui est devenu général. Des deux grands poètes du siècle d'Auguste, l'un est iffl épicurien, et l'autre trouve sa meilleure inspiration dans une mélancolie étrange , qu'il exprime dans des v^rs comme on n*en a plus entendu. Virgile n'est pas te poëte d'une race jeune; c'est le poëte d'un temps de tristesse; il chante à cette heure du soir où, comme il a dit lui-même, les ombres descendent plus grandes des montagnes. Mais ce soir s'illumine pour lui de lueurs mystérieuses ; il y a de radieux lointains dans cette poésie doucement attristée; il chante à sa manière la

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