ASSERVISSEMENT UNIVERSEL
émulation proportionnée à la dignité de chacun * . On n'a qu'à lire Timplacable historien pour comprendre tout ee qui s'amassait d'indignation y de colère et de tristesse amère dans les cœurs que n'avait pas atteints l'uniTer^ selle bassesse. Il n'a pas seulement buriné les traitE hideux de la plupart des Césars : il a encore gravé l'image des générations avilies qui les ont supportés ei qcd étaient bien capables de les assassiner, mais non de frapper de mort Finstitution représentée par eux. l nous montre les Bomains de cette époque pâles de te^ reur, se faisant délateurs et bourreaux pour n'être pai victimes, et trouvant une approbation et une flatteik pour chaque infamie du maître. Ce grand vengeur de b conscience humaine, tout en châtiant le passé , ne cnûl pas à l'avenir. H a l'âme d'un Scipion dans la Borne de Néron et de Vitellius. S'il fait entendre une protestation immortelle contre la tyrannie , c'est avec le découragement d'un homme qui la sait inutile. N'oublions pas que cette tyrannie se faisait sentir sur tous les points de ce vaste empire, et que, là où l'empereur n'était pas, on trouvait le proconsul, d'autant plus arrogant dans les provinces qu'il rampait davantage à Bome.
L'état social valait l'état politique. Nous avons ii^i parlé de la disparition des classes moyennes; elles étaient remplacées par une multitude oisive et avide de grossiers plaisirs , qui donnait à l'empereur, quel qu'il fût, autant de partisans qu'il y nourrissait de parasites. Elle se recrutait incessamment dans les rangs des es-
i a Romœ ruere in servitium consules^ patres^ équités. » Tacite^ Ann., \, 7