PLINE LE JEUNE
bea»x jours elle n'éyeiila un intérêt plus universel, K C'est le propre d'un temps futile et caduc, dit Pline le Jeune, d'accorder d'autant plus d'intérêt aux lettres tjn'on se préoccupe moins d'agir. Nous trouvons notre joie et notre consolation dans les lettres ^ » Ainsi le fiyorce s'accomplit toujours davantage entre la littéra-» ture et la vie nationale ; la première ne sert plus qu'à amuser les loisirs des hommes d'esprit; elle n'est plus qu'un jeu de l'intelligence. On n'échappe aux afféteries du bel esprit qu'en réagissant énergiquement contre son temps, comme Tacite et Juvénal. On n'y acquiert un vrai mérite littéraire qu'en en sortant en quelque sorte et en se mettant en opposition directe avec lui. Les grands écrivains de cette époque peuvent tous dire que l'indignation les a faits orateurs ou poètes. Mais, jusque dans cette indignation, ils subissent l'influence de leurs contemporains. La langue qu'ils parlent, quelque parti qu'ils en tirent, n'est plus la langue classique où tout est pondéré et nuancé. L'antithèse abonde et l'on sent à chaque ligne la recherche de l'effet. Toutefois un beau génie et un noble cœur élèvent Tacite à ce degré de distinction où un écrivain n'appartient plus simplement à un temps et a un pays, mais où il devient l'un des organes acceptés de l'humanité entière. Pline le Jeune, au contraire, est tout à fait un écrivain de son temps; c'est un homme distingué et spirituel, évitant tous les excès mais n'en censurant aucun, et sachant très bien unir le philosophe au courtisan. H n'est passionné que pour la litté-
* « Est gaudium et solatium in litteris. » Pline le Jeime^ EpiH., \Ul, ift.