‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 98 sur 184 · DÉBORDEMENT DE L'IMPIÉTÉ · texte numérisé non relu

DÉBORDEMENT DE L'IMPIÉTÉ

L'incrédiilité et Timpiété devaient nécessairement prendre d'effrayantes proportions en présence de tels scandales. Déjà Gicéron avait dit, en parlant de l'ancienne m j thologie : « Me regardes-tu comme assez insensé pour croire à toutes ces fables * ! Quelle vieille femme assez fblle pourrait craindre encore tous les monstfes des enfers^? » Yespasien s'écriait au moment de mourir : « Malheur à moi; je vais devenir dieu ! » Si déjà du t^mps de Gicéron l'incrédulité était poussée jusque4à, on peut se représenter ce qu'elle devint pendant les deux siècles suivants! Lucien, que nous verrons plus tard au rang des ennemis les plus perfides du christianisme, a commencé par tourner contre la religion de ses pères les traits acérés de ses railleries. Nous étudierons avec soin, dans l'histoire du second siècle de l'Eglise, la figure si originale , si fixement moqueuse de ce païen , ftistigateur implacable du paganisme et qui poursuit de son rire cynique toutes les gloires du passé, depuis la grande philosophie jusqu'à la grande mythologie. Mais évidemment le courant d'idées qu'il favorise remonte aux temps dont nous traçons le tableau. 11 suffisait de voir comment on faisait les nouveaux dieux pour savoir comment on pouvait défaire les anciens. De l'apothéose d'un César à la dégradation d'un dieu olympien il n'y avait qu'un pas. On s'était, en effet, contenté de si peu pour créer une nouvelle divinité qu on était amené à ne pas demander davantage aux anciennes. Une fois qu'on avait retranché l'élément de poésie et d'idéal dans l'an-

i C&céFOB^ Tusculanes, %.^^ Be natura deorum, \X, %,

ut DÉBORDEMENT DE LUlPIÉIlâ.

cienne mythologie, les dieux n'étaient plus que des hommes corrompus. Ils ne sont rien de plus pour Lucien. Mercure est un habile Yoleur, Hercule un grossier gladiateur qui menace Esculape du poids de son bras ; Janon et Latone sont deux femmes aigrement jalouses, et Jupiter apparaît comme un roi débauché qui cherdie à phcer sur la terre les 'maltresses dont il est las. Lucien ii*a fait que recueillir dans ses écrits quelques-unes des railleries blasphématoires qui étaient en circulation ayant lui» Cette incrédulité ne se limitait pas aux classes culti' vées de la société, elle était descendue dans le peuple. Dès que quelque grande calamité éclatait, il renyersaitles temples et les autels, et quelquefois même on jetait sut la voie publique les dieux pénates ^ Lors du désastre de Pompéia , on entendit des Toix s'éleyer du sein de la foule des fugitifs qui déclaraient qu'il n'y ayait point de dieux ^. Plutarque nous montre l'incrédule assistant ayec un rire amer aux fêtes solennelles , et se moqaant de tout ce qu'il yoyait*. .

Il est yrai qu'à ses côtés, ce même Plutarque nous montre le superstitieux arriyé au dernier degré du fcnatisme, pâle de frayeur, parce qu'il se croit haï des dieux , se roulant dans la cendre et refusant toute consolation. La terreur yeille jusque dans son sommeil troublé, et les fantômes de ses réyes le suiyent alors qu'il est réyeillé *. « La superstition, disait Cic6ron,

» « Subversae deorum arœ, lares a quibusdam in publicum abjecti. » Suétone^ Calig,, V.

« « Plures nusquam jam deos ullos iDterpretabantur. » Pline le Jeune, VI,ép. XX.

8 Plut., De siiperstition., Vil. — ^ Plut., De superstition., XXXIlI.

DÉVELOPPEBIEWT DE LA SUPERSTITION. ÀSilS MAGIQUES. 223

suit et presse sa victime, elle raccompagne en tout lieu. Un prêtre rencontré , un oracle entendu , la vue d'un sacrifice , un oiseau qui vole , un éclair, un roulement de tonnerre, tout la ranime ^ La superstition prend souvent tous les caractères d'un fétichisme grossier. Un grand nombre d'hommes s'imaginaient qu'il était possible d'enfermer en quelque sorte les dieux dans leurs statues par certains sortilèges ^« On sait aussi combien les arts magiques s'étaient développés et avec quelle avidité tout ce faux merveilleux était accepté. Les magiciens et les goètes exploitaient à leur profit cette crédulité. Us prétendaient avoir des charmes pour abaisser le ciel et élever la terre dans les nues, pour durcir l'eau des fontaines et évoquer les mânes des morts, pour vaincre le pouvoir des dieux , éteindre les astres et illuminer le Tartare ' . La Thessalie était le pays natal de la magie, mais de là elle se répandait sur le monde entier. Bien n'était plus naturel que cette préoccupation des arts magiques dans un temps de panthéisme, où l'on n'adorait plus sous des noms divers que les forces de la nature. Elle tenait aussi à ce besoin de salut et de délivrance qui tourmentait vaguement les cœurs. Tout ce qu'on avait adoré jusque-là était insu£Ssant. On n'espérait plus que dans l'inconnu, et tout d'abord, dans les forces cachées de cette Isis mystérieuse qui effaçait tous les autres dieux comme renfermant le principe de la vie universelle. C'était

> « Instat enim et urget. » Gcéron^ De superstition. , II* « Apulée^ Met. y I, p. 15.

» Jd,, 1, 49.

tu INVASION DES CULTES ÉTRANGERS.

cette même aspiration yers Finconnu qui iaclinait les esprits aux superstitions étrangères. Les auteurs contemporains constatent sans cesse Tinvasion de ces cultes bizarres, qui étaient d'autant plus recherchés quils étaient plus étranges. Tacite, le représentant de r ancien esprit romain, s'en plaint avec amertume ^ Les femmes et les esclaves éprouvaient une attraction toute particulière pour les religions nouvelles '. Chose remarquable! c'est surtout vers FOrient qu'on se toatne et vers Fantiquc Egypte. Les Juifs, jusqu'à ce moment abhorrés, recrutent des prosélytes en grand nombre, et les empereurs sont obligés de prendre des arrêtés contre eux. Claude interdit positivement les superstitions étrangères, et un décret de proscription est lancé contre les Juifs de Borne. Mais ces efforts de restaura^ tion religieuse sont impuissants à résister contre le courant.

Le culte de Sérapis et d'Isis, celui de Cybèle, la grande mère, et de l'Aphrodite asiatique, s'établissent partout et témoignent à la fois de la corruption de l'époque et de ses besoins religieux. Au culte de la grande mère, se rattachèrent les purifications solennelles , nommées Tauroholies , et qui consistaient à se faire asperger tout entier par le sang d'un taureaa. Aucune expiation ne valait celle-là, et celui qui Favait obtenue pouvait en verser les bénéfices sur ses proches^ sur sa ville natale et môme sur la tète de l'empereur *.

* « Extcrnae superstitiones valescant. » Tacita, Annales, XI, 15.

* Plutarque, Conjug. prœcept., 19.

' Drœllinger, 627.

INVASION' BE» RELlGIONS^ ÉTIU^GÈAeS. n6

Cette recherche aaxieilBe 4e culta» inconniis, ee cegard d-efl|)air tourné yers T Orient, et tout spécialement y ers la Judée, iK>ilà autant de aymptâmes d^une crise religieuse suprême. « L'idée s'était répandue dans tout rOrient, dit Suétone, qu'il était dans les destins cpte la domination du monde devait échoir à des hommeti issus de la Judée ^ » Il fallait bien que d'Orient cette idée eM passé en Occident; d'où serait venu, sans cela, cet entraînement étrange vers les Juifs ? Quoi qu'il en soit^ k même inquiétude, le même ennui qui engendrait L'e&oyable luxure du vieux monde romain, cherchant à échapper à la satiété par le monstrueux,, le poussait au développement des superstitions étrangères. Il frappait à toutes les portes, et se tournait vers tous les autels, à la fois désabusé <le ses croyances et altéré de vérités « Je me suis fait initier, dit Apulée, à la plupart des mystères^ de la Grèce; je me suis enquis de toutes espèces de religions, de rites et de cérémoniea, poussé par le désir du vrai et par ma vénération envers les dieux ^. » En parlant ainsi, il parlait au nom de son siècle. Quiconque dans un temps pareil prétendait appcH?ter quelque chose de nouveau était le bien venu. Tous les charlatan^ religieux, étaient immédiatement achalandés. C'est ce qui explique la singulière fortune de cet Apollonius de Tyane , que Philostrate nous a fait con* naître , et qui né à la même époque qu^e le Christ lui

^ (c I^ercrebuerat Oriente toto vêtus et constans opinio esse infatis ut eo tâmpore- Judas» profecli potifeatur. »<SaétoDe^ Vespétsien, XlV.

* gacrorum pleraque ioitia in Grs^a ^^artiçipavi et plurimos ri^ et «varias oeretnonias studio yeri et olficio e^a Deos didici. » Apulée^ IV^ P.t4«. . , , - '

tu APOLLONIUS DE TTAMR.

fut quelquefois opposé par les enBemis de la religk» BOUTdle. On lai supposa une naissance niracaleosej qui aurait été prophétisée par le grand deiin Protée. Après avoir étudié à Tarse, il se fixa à Egée, dans k temple d'Escnlape, où il aurait accomplir de ncmilffenx miracles. Youé volontairement à la pauvreté,^ après avoir épuisé tout ce que la Grèce peut lui enseigna, 3 parcourt TAsie, s'arrête à Babylone et va apprendre la magie des brahmanes de Tlnde. Son retour est an triomphe. Il se pose en prophète; il annonce la peste à Kphèse; il ressuscite une^jeune flUeà Borne; il> parcourt ensuite T Egypte; puis il est mis en prison par B(HiiitieD comme suspect de rébellion. A peine libéré^ il se rend à Ephèse, où il annonce la mort du tjran à Theure même où elle arrive. Peu de temps après il dispandt» et ses disciples prétendent qu'il a été enlevé par tes dieax. Au travers de ce tissu de fables, on distingue tout ce qui pouvait plaire au paganisme expirant, la gnose orientale mêlée à la subtilité grecque, la magie unie A Tascétisme. Apollonius de Tyane devait être le héros dun temps d'aspirations confuses et de syncrétisme. Ce magicien rusé, qui se pose en libérateur et en révéla^ leur, n'a obtenu de si grands succès que parce que le monde gréco-romain attendait à sa manière te libérateur qui allait venir ou plutôt qui était déjà apparb au sein d'une nation méprisée. Les faux Messiea ne réussissent que dans un siècle qui soupire après le véritable. La philosophie n'est pas plus heureuse que la religiofl pour relever cette société qui s'écroule de toutes parts. Importée à Bome, de même que l'art et la littérature,

LA PHILOSOPHIE DE LÀ DECADENCE. ftm

die 7 eut un développement trop rapide. li^espnt romain est arrivé d'an coup aux dernières solutions de la philosophie hellénique , sans franchir les degrés intermédiares. Moins subtil que T esprit grec , manquant de mumces, n*aimant que les couleurs tranchées, il a de suite traduit dans sa prose précise cette dialectique qui combinait avec art des éléments hétérogènes et permettait d*ètre à la fois platonicien et sceptique ou bien épicurien et tempérant. A Rome, chaque école fut contrainte de manifester de suite toutes les conséquences de ses principes, au risque de se frapper de mort elle-même. La translation d'Athènes à Rome ne réussit qu'à une seule école, parce qu'elle se trouvait en accord avec les bons côtés de la nationalité romaine : c'est l'école stoïcienne.

En dehors des écoles proprement dites, un certain esprit philosophique s'était répandu dans les dasses esdtivées. C'était un esprit pratiquement sceptique, professant un dédain ironique pour les plus nobles (iréoccupations de Fàme, et traitant volontiers de frivole tout ce qui ne l'était pas, c'est-à-dire tout ce qui dépassait la sphère du plaisir et des intérêts matériels. Ce parti pris d'indifférence a été parfaitement exprimé, mais non sans cynisme, par cette ironique question adressée par Pilate à Jésus-Christ : « Qu'est-ce que la térité? » L'influence de ce scepticisme pratique était contre-balancée parcelle d'une autre tendance, de plus en plus générale dans le déclin du vieux monde païen,; e^était la tendance panthéiste ramenant l'humanité, par un détour, au point de départ de toutes les idolâtries.

SS8 CARNËAIffi A ROME.

Elle régnait, ainsi que nous Tayons vu, accompagnée de superstitions grossières dans le paganisme dégénéré d*alors, saturé d'idées orientales. Mais elle avait aussi gagné les bautes classes et infecté beaucoup d'bommes distingués qui se seraient refusés à admrer la grande déesse et à se mêler à ses prêtres immondes. C'est ainsi que Pline F Ancien déclarait dans son grand ouvrage , Yaste répertoire des connaissances de son temps, que le monde est une divinité éternelle, immense, qui n'a point eu de cause génératrice et qui n'aura point de fin * . Yarron, que saint Augustin réfute dans le YIP livre de sa Cité de Dieu, et qui est mort plus d'un siècle avant l'empire, parait avoir professé un pantbéisme identique à celui de Pline l'Ancien. Il admettait une âme du monde dont les parties différentes avaient reçu les noms des divers dieux*.

Si nous abordons maintenant les écoles de philosophie, la première qui se présente à nous est la nouvelle académie importée à Borne par Gaméade vers la fin de la république. Elle était très bien appropriée pour préparer la transition entre la liberté orageuse de ces temps et la plate servitude de l'empire. Elle eut Thonneur de compter parmi ses disciples le plus grand orateur et le plus bel esprit de cette époque , ce Cicéron dont Pline l'Ancien disait avec éloquence qu'il avait reculé les bornes morales de sa patrie ^ . Cicéron n'est pourtant pas un

* « Mundum numen esse credi par est aeternum, iramensum, neque genitum, neque interiturum unquam. » Pline l'Ancien, II, c. I.

s « Animam mundi et partes cjus^ id est veros Deos. » August. Civ, Dei., VU, 5.

» Pline l'Ancien, VI, 3.

SBPTiaSIffi DE C3GÉR0N. 229

de cei^ sophistes frivoles de la Grèce , qui ne cherchent qn^à exploiter la philosophie. Il Festime à sa yaleor; il ta proclame le médecin de Fàme, et il déclare Touloir se retirera son ombre; il lui demande aide et protection \ Il aime layérité, mais elle lui échappe sans cesse. C'est qn'initié trop tôt aux résultats de la spéculation grecque, il a bu à une coupe trop enivrante ; plus érudit que phir lesophe, il succombe sous le poids de tous ces systèmes qu'il se plait à énumérer. Il ne sait plus où est la vérité, il ne la voit absolue nulle part; car quelle doctrine n'a pas été réfutée? Aussi accepte-t-il les conclusions de la nouvelle académie, et il reconnaît avec elle que Thomme né peut s'élever au-dessus du probable^. Il parle ailleurs de la triste nécessité de renoncer à découvrir la Yérité^. Son curieux ouvrage sur la nature des dieux est une réfutation de Tépicuréisme par le stoïcisme et de Tune et l'autre doctrine par le système de la nou- Telle académie. Gicéron, dans son écrit sur la divination, porte une main hardie sur le paganisme; il le détruit pièce à pièce, il le raille impitoyablement; mais, dans toutes ces ruines accumulées, il ne trouve pas les matériaux d'un nouvel édifice, car il s'écrie tristement qu'il doute de tout et de lui-même : Et mihi ipsi diffidens.

n est moins négatif en morale. Son Traité sur le Devoir est semé d'admirables passages tout pénétrés du souffle du platonisme. On reconnaît dans sa sublime protestation contre la tyrannie et l'usurpation le dernier accent de la

* « Animi medicina.» Tusculanei, lU^ 3; V, 1.

> Tuseulanes, 1, 9.

^ « Desperata cognitione certi. » T>e bon, et mal., II, 14.

t30 HEUREUSES INCiONSËQUENCES DE aCÉRON.

liberté romaine mourante * . Néanmoins son point de yue moral est encore restreint ; il est bien inférieur an principe platonicien de la conformité à Dien. L'insuffisanœ de la métaphysique de Gicéron reparaît dans sa monde. Comme il a conclu au scepticisme, Dieu lui manque, et, ayec lui , un type diyin , immuaUe , supérieur à noos. La règle de notre yie sera nécessairement prise en bas et non en baut, dans Tbomme et non en Dieu. Ce serancMi pas la sainteté mais Tbonnéteté , c'est-^-dire ce qui est généralement estimé par les hommes^, çt, par censé* quent, le mobile moral par excellence sera Tamonr de la gloire. Gicéron se rend plus d*une fois coupable d'une heureuse inconséquence, comme lorsqu'il reconnaît Té^ lément divin de la conscience et qu'il proclame Funiyersalité du sentiment de la justice, auquel le méchant lui-même ne peut se dérober'. Cependant, sur Fensemble , il demeure un disciple de Garnéade , et toute 8on éloquence , jointe à son élévation morale , ne parvient pas à couvrir le vide du scepticisme.

La philosophie d'Epicure répondait si parfaitement aux instincts de Rome enrichie des dépouilles du monde, que, si elle n'eût pas existé, elle y eût été certainement inventée. Elle eut la bonne fortune d'y être introduite par un grand poëte, dont le style nerveux et coloré semblait relever quelque peu une doctrine abjecte. Lucrèce se servit de Fépicuréisme comme d'une arme

> De o/yîc, 111,21.

< « Nihil hominem nisi quod honestum decorumque sit aut admirari îiut optare opportere. » De offic. l, 20.

3 Cujus tanta vis est ne illi quidem qui maleficio et scelere Dascuotur postent sine uUa particula justitiœ vivere. » De offic. , II, 1 .

L'ÉPICmÉISIIE A ftOUB. LDCRÉSCE. 234

\ gmarre centre raDcienne mythologie, pour laquelle ^^reuvait autant de colère qne d'iiidignattoii» « Fon* Manx pieds. la religion, s*é«rie-tril; qu'elle ait «on BT, et que la Tietoite remportée sur elle nous égale eiei' 1 » La religion lui semble le comble de rimm^ntb : « Que de crûnes ft'a-t-elle pas conseillés M • » Il ut la bannir de la t^rre, afin de chasser les vaines ter^ nrs de Tème en môme temps qne ses dieux prétendus', mort n'est pkis rien quand Fàme est reconnue -merle \ Ainsi, par un singulier malentendu^ Lucrèce nt affranchir Fhonmie en lui enleyant la foi 4i la Dîfvi* 'lééi à rimmortalité , et il ne s'aperçoit' pas qu'il a mté le plus sûr moyen de tuer la liberté. La doctrine BiHcure lui semble le port tranquille d'où il peut ntempler avec satisfaction les ballottements d'une flosophie ambitieuse, et il ne voit pas que ce port ne atient qu'un limon desséché, bientôt une boue infecte û pourrira le vaisseau. Mieux valait la grande mer et s tempêtes que ce repos avilissant. La Rome impériale l'a que trop prouvé au monde.^ Le souffle poétique qui anime les premiers épicuois, ardent et enthousiaste chez Lucrèce , gracieux et luptueux chez Horace, manque complètement au^ stateurs de cette école sous l'empire. Elle n'est plus »»§ qu'une école de débauche; elle se dépouiHe

« JEquat "Victoria casAo, » De naiuray cbant I^ y. 80.

« l)ii]fu^unt animi, terrores. » III, 16.

« Neque igitur mors est

Quandoquidem natara animt mortaHs Iiabetar. »

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