RAPPORT ENTRE LA MYTHOLOGIE ET L'EVANGILE
Justin a eu le tort de ne pas s'expliquer clairement sur la valeur apologétique de cette analogie entre le» fables païennes et l'histoire évangélique. La suite de son raisonnement donnerait à penser qu'il a voulu simplement présenter un argument de droit aux magistrats persécuteurs ; il conclut en effet par ces mots : « Pourquoi le nom du Christ nous rend-il un objet de haine, puisque nous disons les mêmes choses que les Grecs * ? » Mais un examen plus approfondi nous convaincra que sa pensée est bien plus large. Il voulait tout d'abord établir que les grandes vérités du christianisme avaient pour elles le témoignage de la conscience humaine tel qu'il s'est exprimé dans la philosophie, et rien n'était plus conforme à sa doctrine du verbe universel. Il a été insensiblement conduit à signaler des analogies de même nature entre l'Evangile et la religion de l'ancien monde ; mais effrayé aussitôt par les fables absurdes qu'il vient de rappeler, il abandonne sa première pensée, le fil du raisonnement se rompt sous sa main et il renonce à la grande apologie, à celle qui établit les titres immortels du christianisme, pour en revenir à la défense purement judiciaire, qui n'est plus qu'un plaidoyer. Il aurait fallu descendre plus avant dans ce sujet délicat. L'apologiste eût alors reconnu jusque dans cette parodie anticipée de l'histoire évangélique, jusque dans les créations fantastiques d'une mythologie bizarre l'immor-
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