‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 111 sur 277 · IL ABUSE DE L'ALLEGORIE · texte numérisé non relu

IL ABUSE DE L'ALLEGORIE

posaient sur des révélations positives de Dieu dont il fallait rendre compte. Or, Justin ne Faurait pu que s*il avait admis avec saint Paul la valeur préparatoire et la mission pédagogique du mosaïsme. Il ne suffisait pas de s'appuyer, comme il le fait, sur les oracles des prophètes qui annonçaient Télargissement de l'alliance judaïque; car s'il arrive ainsi à une justification juridique de la liberté chrétienne, il n'a pas expliqué pourquoi tant de siècles se sont écoulés entre la chute et la^ rédemption. Justin reconnaît bien que la croix joue le rôle principal dans le salut de l'homme, mais ce rôle il ne le définit jamais, et il se prive ainsi du moyen le plus sûr de rattacher le christianisme à ce qui Ta précédé, tout en lui conservant son caractère (Ustinctif. Son argument favori est toujours emprunté à la prophétie ; il invoque parfois les exorcismes, qui démontrent la puissance de Jésus-Christ sur les démons^. Il répond à toutes les objections des Juifs en invoquant leurs saints livres qui, d'après lui, ne sont qu'une perpétuelle allusion à l'incarnation du Fils de Dieu; mais il ne sait pas se borner; il ne se contente pas des prophéties directes, il voit partout des types et des oracles qui annoncent l'économie évangélique, et il en vient à une minutie digne d'un rabbin. L'allégorie lui fournit amplement ses dangereuses ressources". Le fil suspendu par Rahab à sa fenêtre est pour lui le symbole évident de la crucifixion circulant à travers toute la trame des écrits sacrés.

1 Dial. cum Tryph., p. 247. « M., p. 259 à 303.

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