‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 113 sur 277 · ATHENA60RE · texte numérisé non relu

ATHENA60RE

Malgré toutes les imperfections que nous ayons signalées dans ses écrits, malgré ses nombreuses inconséquences, Justin n'en demeure pas moins Tinitiatear de la grande apologie chrétienne, de celle qui au lieu de s'appuyer sur le scepticisme et de tirer parti de tout ce qui avilit la nature humaine, se plaît à chercher les titres de la vérité dans les profondeurs de l'âme et croit à un accord fondamental entre ses aspirations et le christianisme, sans toutefois rendre l'Evangile inutile par une admiration exagérée de l'esprit humain et un dangereux oubli de ses faiblesses. La doctrine du Verbe telle que l'a exposée Justin, renfermait en elle tous les riches développements qu'elle devait recevoir à Alexandrie ^ .

B. — Athénagore.

Ce n'est pas à Athénagore, le second apologiste de cette école qu'il était réservé d'en perfectionner la méthode, bien qu'une tradition incertaine en ait fait le précurseur de Pantaenus et de Clément à Alexandrie. Reconnaissons à sa louange qu'il a admis pleinement les droits d'un doute sérieux et qu'il a commencé par se montrer plein de respect pour ses adversaires. Il n'a pas cru que le meilleur moyen de les préparer à

1 On a mis sous le nom de Justin, entre autres écrits apocryphes, un traité Sur //unité de Dieu (Ils pi [xovapyjOLc) qui est une compilation de citations très suspectes empruntées aux poètes et aux philosophes du paganisme. Il y a bien là un essai d'appliquer sa méthode à la démonstration des dogmes essentiels du christianisme, mais c'est un essai où l'on ne reconnaît plus la main du maître. Ni le style, ni l'argumentation ne sont dignes de lui. (Voir Semisch, Justin des Mœrt.)

recevoir la yérité fût de les injurier. « Il y a, dit-il, au début de son traité sur la résurrection, une difiSculté de croire qui ne naît pas du hasard et qui bien loin de se payer d'une vaine opinion s'appuie sur des raisons sérieuses et sur une certaine vérité* . Elle est fondée en droit, toutes les fois que la doctrine dont elle doute renferme quelque chose d'incroyable. » Partant de cette idée, Athénagore veut que le défenseur du christianisme s'astreigne à une méthode rigoureuse dans sa démonstration, qu'il enchaîne les preuves avec soin, se garde de briser le nœud délicat qui les unit entre elles et suive un plan nettement déterminé. Il faut tout d'abord qu'il dissipe les préventions qui sont dans l'esprit des opposants, et qu'il imite le laboureur qui commence par arracher les épines de son champ. Au nombre de ces préventions, Athénagore met au premier rang les mauvaises passions ; mallieureusement il glisse sur une pensée qui en étant quelque peu creusée, l'eût conduit à la veine de l'apologie chrétienne la plus riche, et l'eût amené à frapper son adversaire au cœur mêrae^. Il se rejette de suite sur la démonstration purement philosophique. C'est ainsi que dans son traité Sur la résurrection^ après avoir posé le principe de la toute-puissance divine, il entre dans des développements puérils destinés à établir que toutes les parcelles du corps humain se retrouveront au jour déterminé par Dieu. Il est vrai qu'à la fin de ce même

* Ooaa iictorfa [jl*)) xpo^stp^*)? >wtt xaxi xtva S6Çav àxpiTOv iYlft^'OV^VTQ. (Athen., De resurrect., p. 4Î.)

* ïd., p. 41.

traité, il revient à Tapologie morale. Il invoque d'abord la haute destination de Thumanité, qui n*a pas été créée uniquement pour passer quelques jours ici-bas ; puis il en appelle à F éternelle justice, qui serait dépourvue de sanction sans la résurrection des morts ; les méchants ne sont-ils pas trop souvent heureux dans la vie présente * ? La cause du christianisme est ainsi portée au tribunal de la conscience humaine ; c'est le seul moyen d'éviter des lenteurs infinies ; car tandis que la procédure de la dialectique a des ressources sans nombre, le verdict moral est aussi prompt qu'il est souverain. C'est encore ce verdict que réclame Athénagore dans le beau passage où il oppose la vertu chrétienne à la conduite des philosophes païens de son temps. « Permettez-moi, dit-il aux empereurs, de pousser plus loin encore la franchise de mon langage. Parmi ces savants rompus au raisonnement, si habiles à expliquer les équivoques, à remonter à l'origine des mots, à distinguer les synonymes et les homonymes parmi

tous ces maîtres qui promettent le bonheur à leurs auditeurs, en est-il beaucoup qui aient assez de pureté et de sincérité dans l'âme pour répondre à la haine par l'amour? Ne les voit-on pas, au contraire, méditer sans cesse de nouvelles vengeances? Le beau langage et non pas le bien vivre est leur affaire ^. Considérez les chrétiens; vous verrez parmi nous des ignorants, des artisans, des vieilles femmes incapables d'une dé-

* De resurrect., p. 61-65.

(livoi. (Athen.^ Legaiio^^, 11.)

monstration logiqne, mais dont la vie est une apologie de Texcellence de leur croyance ; ils ne récitent pas de beaux discours, mais leurs bonnes mœurs parlent pour eux\ Frappés, ils ne frappent pas; spoliés, ils ne réclament pas; leur main est toujours ouverte pour donner, et ils aiment leur prochain comme eux-mêmes. »

Cet appel à la conscience suffirait pour prouver qu*Àthénagore admettait, comme Justin, une parenté entre Tâme et Dieu. Pour lui aussi c'est grâce à une lamière intérieure que les poètes et les sages de Fanden monde ont entrevu quelques-unes des vérités les plus importantes du spiritualisme chrétien ; ils se sont élevés à la contemplation de Tétre invisible en considérant ses œuvres. La plupart des philosophes ont affirmé son unité, souvent même malgré eux^, sous rimpulsion du souffle divin qui les animait', mais qui toutefois ne les a pas préservés des erreurs de la science hamaine. Âthénagore parle en termes magnifiques de Platon : « K'a-t-il pas contemplé, dit-il, le Dieu éternel qd ne peut être saisi que par l'esprit, et ne l'a-t-U pas présenté avec ses véritables attributs , comme l'Être par excellence, TÉtre parfait, source de tout bien et de toute vérité*? » Encore ici Athénagore s'arrête brusquement, et ne creuse pas le filon entrevu. Il accorde

îeav6o"j<7tv. (Athen., Legatio, p. 12.)

" "Otxv c3v -rb ji£v sTvat èv zb OsTcv, w^ hA ih îrXeTTrov, xftv ^i ^X(i>?!, TcTç -^râtr. cujjL^v^ai. (W., p. 7.)

• Kacrà TJix::i8£iiv tï;; 7:zpà tou O&oî tivo^;. (W., p. 8.)

* 'O tV» iiBicv vcjv Treptvcf^aat? Oscv. (/</., p. *6.)

trop et trop peu à rancienne philosophie; il de* meure beaucoup trop platonicien dans Fidée qu'il se fait de la révélation évangélique. Lui aussi, comme Justin, y voit un dogme, un enseignement bien plutôt qu'une manifestation efTective de Tamour di- Yin dans une œuvre de rédemption. Le dualisme, cette plaie mortelle de toutes les écoles qui précédèrent le christianisme, n'est que trop reconnaissable dans sa théorie de la création ; la formation du monde n'est plus pour lui qu'une organisation de la matière éternelle; dans sa conception de la Trinité, il ne s'élève guère au-dessus d'une construction dialectique. Les rapports de l'ancienne philosophie avec l'Evangile lui ont complètement échappé; il n'a point compris la mission préparatoire de la haute culture grecque. Il n'a pas reconnu comme Justin, dans les vérités partielles auxquelles s'était élevée Fautiquité païenne, une première révélation du Verbe. Ce sont des lueurs fugitives qui traversent une nuit profonde, et non pas des rayons pr;^curseurs de l'aurore. Ne nous y trompons pas : quand il cite les plus beaux passages des poètes et des philosophes, et en particulier ceux qui sont empreints de monothéisme, il parle en avocat et non en apologiste; il plaide une cause, il ne démontre pas la vérité d'une doctrine; son dessein est bien plutôt de laver FEglise de Faccusation dangereuse d'introduire dans le monde une religion entièrement nouvelle, que de produire les titres immortels du christianisme dans les témoignages spontanés de la conscience. Il ne tire aucun parti de ces citations pour établir que F Evangile

répond aux aspirations de Tàme humaine. Il se hâte même de proclamer le néant de ce genre de preuyes, en déclarant que les philosophes ne sont arrÎTés à ancun résultat solide parce que chacun d*enx a cherché la Térité par lui-même*. G* était cependant un grand résultat que d'aToir entrevu la Térité que le christianisme dcTait apporter au monde, et c*en était un autre non moins grand que d'avoir montré, par des faits éclatants, que la pensée de Thomme ne peut s*élever plus haut par elle-même. La conscience ne saurait remplacer la prophétie, mais elle est elle-même une grande prophétesse. Sans se soucier d*une contradiction nonvcllCy Tapologiste, qui s* était montré si justement préoccupé de la nécessité d*un raisonnement serré et concluant, exprime on grand dédain pour la dialectique, après en aToir fait, il est vrai, un assez triste usage dans la démonstration de l'existence de Dieu. * Si nous ne prou- Tions notre doctrine, dit-il. qne par des raisonnements semblables, on la regarderait à bon drmt comme étant une simple doctrine d'hommes^. » Pour preuve qn^elle est dîrâ:e. Tapologiste recourt immédiatement aux saints oracles. Cétait. en réalité, déserter !e combat et abandonner la discussion. Cette retraite sur le mont sacré e?t la pl'js mauTafee tactique de la part d'un défenscTtr do chrîstianiçme. car il est éTident qu'il est scol à s't réfiisier : ses adTersasres ne sauraient Tj soÎTre. tmt qwç î'autorîtê des Ecritures ne leur a pas

été démontrée. Qu'il les cite pour en faire sentir la puissance intrinsèque, pour essayer Tinfluence d'un mot divin sur Tàme, rien de mieux ; mais qu'il se garde bien d'en faire un usage juridique auprès de ceux qui n'ont pas encore admis la révélation. L'apologiste ne doit jamais renoncer à la démonstration, ou s*en croire dispensé parce qu'il peut invoquer une autorité quelconque. Il n'a pas sans doute à produire toujours les mêmes arguments ; ils varient selon qu'il s'adresse à divers ordres de facultés ; les preuves qui sont faites pour le cœur et la conscience ne sont pas les mêmes que celles qui frappent la pure intelligence qu'il importe d'ailleurs de renfermer dans ses limites, mais il n'en est pas moins nécessaire de poursuivre la démonstration jusqu'au bout, et de ne s'arrêter que quand la conviction a été produite chez l'adversaire. Or, le meilleur moyen d'échouer dans cette tentative^ c'est d'en appeler d'emblée à l'autorité des prophètes et des apôtres, comme le fait Athénagore. Fermer la bouche d'un opposant n'est pas le persuader, et l'on n'a pas convaincu tous ceux que l'on a réduits au silence.

Athénagore est plus habile dans la partie négative de son apologie qiie dans la partie positive. Il attaque le polythéisme avec une grande force de raisonnement. Sa connaissance approfondie de la littérature antique lui est du plus précieux secours. Il cite les principaux représentants de la culture hellénique comme des témoins à charge dans le procès qu'il intente au paganisme. Il s'attache bien moins à signaler

leurs secrètes aspirations vers le Dieu inconnu qu'à recneillir leurs aveux sur Torigine et l'avilissement des dieux du passé. Tout d'abord il fait remarquer la diversité bizarre de tous les cultes qui se partagent l'adoration des païens. Les dieux de l'Occident sont en abomination aux peuples de l'Orient, les pratiques de l'Egypte sont pour les Grecs le comble du ridicule. Quelle distance entre l'adorateur de Jupiter Olympien et l'adorateur du chat ou du crocodile ! Qu'au moins les chrétiens profitent de cette diversité! Le polythéisme n'a pas le droit de s'indigner d'un culte nouveau, quel qu'il soit^ Attaquant de front ses adversaires, Athénagore combat aussi bien le paganisme populaire que ce paganisme raffiné et symbolique qui s'élaborait dans les écoles. Le paganisme populaire peut se définir d'un mot : c'est l'adoration de la matière. Il confond l'ouvrier divin non-seulement avec son œuvre, mais avec les vils matériaux dont il s'est servi. Il confond le potier avec l'argile qu'il a pétrie et façonnée, image risquée qui rappelle le dualisme platonicien. Nous faisons honneur à un habile artiste de la beauté et de l'élégance des vases d'or et d'argent qu'il a sealptés ; pourquoi agir différemment avec Dieu^? Athénagore toufne agréablement cet argument à la louange des empereurs auxquels il s'adresse : « Ceux de vos sujets, dit-il, qui ont quelque grâce à vous demander ne vous oublient pas, vous, les princes puissants desquels ils peuvent obtenir ce qu'ils désirent ; ils ne se laissent

* Athen.^ Legatio, p. 10. « Id,y p. 15.

point distraire par la magnificence de yotre palais; mais après ayoir admiré en passant sa belle structure, ils vous honorent tout les premiers * . » Athénagore poursuit le paganisme sous toutes ses formes et à tous ses degrés ; il ne dédaigne pas de le combattre sous sa forme la plus grossière, quand il n'est plus qu un fétichisme stupide qui confond absolument Fidole et le Dieu. Sa réfutation est aussi simple que concluanterll se borne à demander où était le Dieu avant Fidole, et ce que faisaient les innombrables divinités encombrant les temples , avant que Thomme eût appris à tailler le bois et le marbre ^? Cette abjecte idolâtrie était la religion des masses ; les esprits cultivés essayaient de la justifier en prétendant que la statue n'est que Firnage de la divinité. A les entendre, le simulacre est le seul moyen pour un être borné de se rapprocher des êtres supérieurs qu'il adore ; car nul homme ne pénétrera jamais leur essence. Athénagore, pour écarter cette explication dérisoire, aborde de front la théologie païenne, et, après avoir brisé Fidole, il s'attaque au dieu luimême. Son argument principal consiste à établir que les dieux de la Grèce et de Rome ont tous une origine terrestre consignée dans les écrits des poètes. U produit Fextrait de naissance de ces divinités d'un jour, enchaînées comme de simples mortels aux conditions du temps et de Fespace, et il pense avec raison que cet extrait de naissance est pour elles une condamnation sans appel : « Si ces dieux, dit-il, n'étant pas d'abord,

* Alhen., Legatio, p. 15. « Id., p. 16.

ont reçu la vie, ils ne sont pas en réalité * . Ne valait-il pas mieux quMls ne sortissent pas du néant que de donner au monde le spectacle de toutes les passions et de tontes les faiblesses? » Pour en convaincre ses lecteurs, Athénagore n'a qu'à ouvrir Homère et à souleyer quelque peu le voile de cette poésie brillante. Ces immortels nés d'hier, soufQant la colère qui les cmbrase, faibles et voluptueux, violents et rusés, pleurant comme des femmes et s'injuriant comme des héros de Tancien temps, voilà vos dieux, voilà vos grands olympiens*! Ne nous arrêtons pas à cet argument, noas le retrouverons bien plus acéré chez les apologistes de l'Occident. Ces dieux, d'ailleurs, dont l'origine est si basse et l'existence si \ile, ne sont que des hommes, d'après le témoignage même de leurs adorateurs, et on montre le tombeau de plusieurs d'entre eux *. Athénagore déploie une vraie supériorité dans la réfutation du symbolisme ingénieux par lequel quelques philosophes essayaient de justifier l'ancienne mythologie. Il était très commode de cumuler ainsi les bénéfices et l'orgueil de la libre pensée avec la parfaite sécurité des dévots, et de ne rompre extérieurement avec aucune superstition, grâce à un habile sous- entendu. L'athéisme pouvait ainsi marcher le front levé sous le masque de la religion. Pour les stoïciens, Jupiter était le feu, Junon l'air et Neptune l'eau; d'autres philosophes voyaient dans Osiris l'action de semer le blé, la vigne était représentée dans Sémélé, et le fruit

* Athen.^ Legatio, p. !8. « Id,, p. 20-22. • Id,, p. 27-30.

de la yigne dans Bacchus. Peut-on donner le nom de Dieu à de tels êtres qui sont tous enseyelis dans la ma* tière, qui sont la matière elle-même, et qui sont soamis au changement et à la corruption? « Si Saturne est le temps, dit Athénagore, il change; s'il est une saison, il passe ; s'il figure les ténèbres, ou le froid^ ou l'élément humide, rien de tout cela ne dure. Or ce qui est divin est immortel, immobile et immuable. Donc Saturne, pas plus que son simulacre, n'est dieu. Si Jupiter est l'air produit par Saturne , il est soumis au changement ; or, le divin ne change pas \ » Qu'on ne prétende pas, avec Empédocle, que les éléments sont maintenus par la loi d'afSnité ou d'harmonie; cette belle explication ne nous élève pas au-dessus du domaine de la matière passive et mobile ; nous n'ayons pas même entrevu le divin véritable. Si l'on demande comment des divinités si absurdes ont obtenu tant de crédit, Athénagore répond avec Justin en invoquant l'influence des démons , et c'est à leur pouvoir qu'il attribue les prodiges et les oracles dont il ne conteste pas la réalité.

En résumé, Athénagore a suivi la même ligne que Justin Martyr. Plus méthodique dans son exposition, moins diffus, mais aussi plus froid, s'il a excellé dans la réfutation, il s'est montré très faible dans la démonstration positive. Il n'a pas su, comme son devancier, établir les rapports de la vérité innée qui est dans l'homme avec la vérité révélée, et plus hâtivement

1 Atben.^ Legatio, p. 24.

CLEMENT D*ALEXANDBIE. 203

encore il a fait appel à une autorité dont il n*aTait pas établi les titres. La grande preuve morale qu'il a in^ Toquée avec éloquence demeure isolée dans son système; on dirait une pierre taillée pour un autre édifice. Elle n'est pas entrée dans sa construction, ou du moins elle n'y a pas occupé la place qui lui appartient. Il faut nous transporter ailleurs pour voir tout ce qu'elle apporte de force et de solidité à l'apologétique chrétienne quand elle en est le fondement.

5 n. — L'Apologie de Clément^ d'Origène et d'Hippolyte.

A. Clément.

Avec Clément, nous abordons l'apologie la plus large et la plus riche que l'antiquité chrétienne ait possédée. Le savoir, chez lui, s'associe à la puissance de la pensée ; il a autant de pénétration et de finesse dialectique que le philosophe athénien le plus habile, et son grand cœur et sa brillante imagination portent la lumière et la flamme sur toute sa démonstration. L'effusion du sentiment ne supplée pas dans ses ouvrages à la vigueur du raisonnement; sa supériorité se manifeste précisément en ce qu'il sait mettre en cause dans le débat l'homme tout entier, âme et esprit, raison et conscience. Nous avons déjà énuméré ses ouvrages en racontant sa vie. Pour le moment nous chercherons dans tous ses écrits son apologie du christianisme. Celle-ci se divise naturellement en deux parties ; l'une est dirigée contre l'erreur, et l'autre établit les droits

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