‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 114 sur 277 · PARTIE NÉGATIVE DE SON APOLOGIE · texte numérisé non relu

PARTIE NÉGATIVE DE SON APOLOGIE

de la vérité. La première est moins originale que h seconde; elle n'en a pas moins reçu Fempreinte d*im esprit supérieur.

Clément s'attaque, comme ses devanciers, au fétichisme insensé de son temps, et il signale comme eux les débordements et les crimes des dieux du paganisme; mais sa grande érudition donne une vigueur et une précision remarquables à sa discussion ; il ne se contente pas d'affirmations générales, il cite les auteurs païens, et chaque argument est confirmé par un témoignage irrécusable. Cette insistance des apologistes du deuxième et troisième siècle à flétrir l'adoration de la pierre et du bois n'a rien qui doive nous surprendre, si nous nous rappelons qu'ils vivaient au plus fort de la réaction païenne. Les statues, qui remontaient à un âge reculé, n'étaient plus considérées alors comme de simples simulacres , mais passaient pour des représentations réelles de la divinité. Comment s'en étonner, quand on a vu, après dix-huit siècles de christianisme, des foules nombreuses se prosterner devant des images miraculeuses et adorer des madones dont le regard s'était, à les croire, animé sur la toile? On admettait assez généralement que les statues les plus vénérées étaient en quelque sorte tombées du ciel, et qu'on ne pouvait les attribuer à la main d'aucun homme. On cherchait à accréditer ces fables stupides en produisant de grossiers siipulacres, débris des temps anciens, qui avaient un caractère gigantesque et mystérieux. Clément s'appuie sur des témoignages incontestables empruntés à des

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