DES STATUES DES DIEUX
auteurs connus, pour établir que ce$ simulacres ont une date assez récente. Avant de mettre sur T autel ces figures à peine taillées à grands coups de hache ou de ciseau, les peuples païens s'étaient donné des idoles plus grossières encore : les Scythes adoraient une épée, les Arabes une pierre ; l'image de la Diane dlcare n'était qu'un morceau de bois brut; un tronc représentait la Junou de Samos. Les premières statues remontent à l'époque où la sculpture a été inventée par les hommes , et la statuaire religieuse a progressé du même pas que Tart humain dont elle était fille, jusqu'au jour où le ciseau d'un Phidias a tiré de l'or et de l'airain l'image sublime du Jupiter Olympien et de la Pallas d'Athènes * ; deux des statues vénérées dans cette dernière ville, et regardées comme particulièrement divines, sont sorties de l'atelier de Scopas. On peut ainsi produire en quelque sorte le certificat d'origine de la plupart de ces marbres adorés. La fameuse statue de Sérapis, qui remonterait à la plus lointaine antiquité, à en croire les prêtres égyptiens, a été tout d'abord élevée en l'honneur de l'aïeul de Sésostris par un artiste habile, qui, en combinant divers métaux, a su lui imprimer de suite un air de vétusté^. Comment est-il possible d'accorder la vénération et la confiance à ces idoles stupides qui ne peuvent ni remuer, ni agir, ni comprendre ^ ? On les lie, on les cloue, on les perce,
* Clément d'Alexandrie. Edition de Leipsig. 1831. Protrepticus, c. IV, §46.