DES STATUES DES DIEUX
on les fond, on les lime, on les taille et on les polit; elles ne s'en aperçoivent pas , car elles sont bien anr dessous des animaux, qui possèdent au moins la sensibilité et la Tie; aussi ceux-ci les traitent comme ils traitent le bois et la pierre tout ordinaires, et ils ne subissent aucune couséquence fâcheuse de ce sacrilège; bien plus, les hommes peuvent leur infliger les pires outrages sans péril. Il fut loisible à un philosophe de jeter un Hercule au feu, et de lui dire ironiquement d'accomplir son treizième travail, en ranimant la flamme du foyer pour faire cuire son souper. Les yoleors pillent les temples à leur aise. On ne dit pas que Denis le Jeune ait été foudroyé quand, après avoir ravi à Jupiter sou manteau d'or, il lui eut jeté sur les épaules un ^il manteau de laine, bien qu'il se fût permis de dire que le dieu s'en trouverait mieux, parce que ce manteau serait plus chaud en hiver et plus léger en été * . L'image du grand Olympien ue s'en est pas même aperçue, et il faudrait l'adorer ! Montrez vous-mêmes plus de respect à vos dieux, et ne faites pas de Mercure le portier de vos maisons. « Ta statue, ô idolâtre, est de l'or, du bois ou de la pierre; au fond elle n'est que de la terre façonnée par l'artiste; mais moi j'ai appris à fouler aux pieds la terre, et non à l'adorer ^. » Clément fait un reproche plus grave à la statuaire païenne, c'est de représenter et par conséquent de provoquer le vice. Mollement assis sur une couche voluptueuse, le païen
i Protrept,, IV, 52.
* rtjv 5e e^iù TcaTetv, oô icpocrx.uveïv [/.ejjLeXériQxa. {Protrept,, IV, 56.)