CLÉMENT S'ATTAQUE AUX DIEUX EUX-MÊMES
serepait de la yue des infamies de ses dieux yiveinent représentées soûs ses yeux. On croit facilement ce qu'on aime; ce mot d'un orateur athénien n'était que trop applicable au spectateur charmé de toutes ces obscénités éternisées par Tart * . Qui ne sait que la Vénus de Praxitèle a eu pour modèle une courtisane? la statue d'Antinous est déjà un objet de vénérî^tion , bien que son origine abominable soit universellement connue. « La beauté souillée est une honte , dit admirablement Clément à Toccasion de ce marbre célèbre. 0 hommes, que la beauté ne soit pas ton tyran; ne la flétris pas dans sa fleur ; conserve-la pure, pour que le bien s'ajoute au beau. Sois le roi et non le tyran avilissant de la beauté : garde ta liberté^; alors je reconnaîtrai la beauté en toi, parce que tu en auras gardé une image pure, et j'adorerai la beauté véritable qui est le type idéal de tout ce qui est beau ^. » L'art païen, quelque admirable qu'il soit, a prêté des formes trop belles à la matière, et les Apelles, les Leucippe, les Praxitèle lui ont concilié des honneurs divins. Les idolâtres font tout pour donner à l'idole la plus grande beauté, et ils ne font rien pour ne pas devenir eu^mêmes aussi stupides que l'idole.
Tout ce que Clément a dit contre l'idole s'applique au dieu qu'elle représente, surtout dans un temps où l'on tendait de plus en plus à matérialiser l'idée
* Protrept.y IV, 54.
« BaatXeùç tou xiXXouç y^voiÎ, jjly) TÔpavvoç* èXsOOepoç [xeiviTO)*
(/rf.,IV, 50.) »/d., IV,62.