‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 118 sur 277 · VILES PASSIONS DES DIEUX PAÏENS · texte numérisé non relu

VILES PASSIONS DES DIEUX PAÏENS

divine. Il su£Bt au défenseur du christiaDisme, pour flétrir ces impures divinités, d'invoquer le témoignage de leurs propres adorateurs; c'est à ceux-ci qu'il laisse le soin de les renverser des autels où ils les ont placés ; il sait découvrir avec un art infini l'outrage sous l'hommage et l'avilissement dans l'apothéose. Et d'abord il est difficile de se faire une juste idée de ces dieux auxquels tout Tempire sacrifie, car il se trouve que l'on a donné le même nom à plusieurs divinités différentes. On compte trois Jupiters, cinq Minerves, une multitude d'Apollons, des Esculapes à fournir tous les malades, presque autant do Mercures que de voleurs et les Yulcains sont innombrables^. Ces divinités ont toutes les faiblesses et toutes les passions de l'homme ; mêlées aux affaires privées comme aux guerres générales, elles jouent tantôt le rôle d'entremetteurs de bas étage, comme Vénus auprès d'Hélène ou bien ce sont de simples auxiliaires tirant des flèches, donnant et recevant des coups de lance. Le récit de leurs hauts faits est un tissu d'abominations; même recouvert par la poésie la plus brillante, il ne peut exciter que le dégoût ou l'indignation. « Ecoutez, dit Clément, les amours et la gloutonnerie illustre de vos dieux; leurs blessures, leurs liens, leur hilarité et leurs combats, leur captivité et leurs festins, leurs impudicités, et leurs larmes, et leurs souffrances, et leurs voluptés infâmes^ » Après une revue rapide de

^ Protrept., 11,28.

* AxousTe ouv tôv Tcap' ujjlTv Oewv toùç Ipwtaç xal Sixpua xal wiOvj xal [juzj^XtiXja; -^Scviç. [Id.^ II, 32.)

Page 1