ÉLABORATION DU MYTHE DE MITHRA
viennent peu à peu les intermédiaires entre Ormuz et le monde, les premiers combattants de la guerre sainte de la lumière contre les ténèbres. Le contact avec le judaïsme, et surtout avec le christianisme, développa chez les sectateurs de Zoroastre cette vague idée de la médiation; ils firent de larges emprunts à la notion du Messie, qui joue un rôle si important dans les deux grandes religions monothéistes. Les traces de cette transformation sont évidentes dans le livre complémentaire ajouté au Zend-Avesta; les Izeds, dans le Bundchesh, deviennent de vrais Messies, médiateurs entre la terre et le ciel, et apportent à notre monde tous les biens et toutes les délivrances. Deux de ces Izeds remplissent surtout cette mission bienfaisante et rédemptrice : ils s'appellent Sosiosch et Mithra. Sosiosch ou le prophète apparaît sur la terre au temps où le mal j a débordé. Il doit triompher de la mort, juger le monde et amener la résurrection générale. Après avoir allumé le feu purificateur qui consumera le mal, il fera sortir un monde glorieux des cendres du nôtre ^ L'imitation de nos livres sacrés se trahit ici visiblement ; le plagiat était si flagrant qu'il ne put obtenir droit de bourgeoisie dans une société qui repous^ sait le christianisme. Le culte de Mithra eut une popularité bien plus grande dans le monde païen, parce que les emprunts qu'il fait à la religion proscrite, tout en étant aussi réels, sont mieux dissimulés et sont compatibles avec les données essentielles du naturalisme que
* Vendid., 19, 18. Dœllinger, p. 381, 382.