DES MYSTERES
des libations et des sacrifices, génies cruels, ennemis des honunes, qui trouyent leur volupté dans le sang et le carnage, et demandent sans cesse des victimes humaines * . Au reste cette inconséquence sert de transition à une très belle pensée. Clément nous montre dans le paganisme une religion de mort; non- seulement celui-ci se repaît du meurtre, et il a choisi pour ses temples d'anciens tombeaux ^ ; mais encore il ne cesse d'immoler Fàme humaine en la détournant du principe de son être; voilà sa grande victime. Ce n'est pas assez pour le paganisme de répandre à flots sur ses autels le sang des taureaux et des génisses et même le sang de l'homme; il tue l'âme, car une vie livrée à ces futilités impies n'est plus la vie, c'est une mort déguigée. « Vous êtes de vrais morts, ô vous. qui adorez des morts ^ , et on peut vous appliquer ces paroles d'un de vos poètes : « 0 infortunés , quel est votre malheur ! Votre tête est enveloppée dans la nuit du tombeau! » Clément est non moins sévère pour les mystères du paganisme qu'il l'a été pour son culte officiel et public. Sa largeur d'esprit lui fait quelque peu défaut SOT ce point; il n'a pas même entrevu la grande idée qjoi était au fond de ces cultes secrets, tout enveloppée de grossiers symboles. Nous avons reconnu que la Grèce protestait par ses mystères contre sa religion nationale si brillante et si sereine. Toutes les fois que la conscience se réveillait et avec elle le sen-
1 Protrept,, II, 40; IIÏ, 42.
« id., m, 45.
» Nexpot apa TeXeov ovreç vexpotç 7csictaTeux(5Teç. [Id,, III, 46.)