‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 123 sur 277 · POLÉMIQUE CONTRE LÀ PHILOSOPHIE ANTIQUE · texte numérisé non relu

POLÉMIQUE CONTRE LÀ PHILOSOPHIE ANTIQUE

déchirés, pâle, hagard, tous ses traits respirent nne sombre tristesse. « Ne dirait-on pas qu'il mène deoO sur ses dieux au lieu de célébrer leur culte*? Secoue ta chaîne, malheureux captif, tu es dans une prison, ou pour mieux dire dans un tombeau, et pourtant le ciel miséricordieux t'est ouvert. » Il est donc démontré que le paganisme est incapable de consoler l'homme et de répondre aux besoins profonds de sa nature, qui est faite pour Dieu. Clément arrivera à la même conclusion dans sa discussion contre la philosophie ancienne qu'il entame avec une vigueur égale.

S'il est disposé à lui concéder tout ce qui lui reyîent légitimement, il ne veut pas néanmoins laisser ses représentants en proie à d'orgueilleuses illusions. La philosophie, toutes les fois qu'elle se pose comme la rivale du christianisme, devient l'ennemie delà vérité; il importe donc avant tout de dissiper son prestige. Clément s'élève d'abord au-dessus de toutes les écoles particulières et s'attaque à la philosophie grecque prise en soi , abstraction faite des systèmes particuliers. Ce n'est pas qu'il se plaise à ces exécutions sommaires par trop commodes, qui sont injustes et aveugles comme la passion. Plus tard il distinguera entre les diverses écoles, et fera la part de chacune; il se montrera plein de respect et de sympathie pour les maîtres illustres qui ont entrevu le monde invisible. Il

* OuTOi jJLOt Boxouat TcevOstv, oô ÔpTQoxsuetVTOÙçOsoùç. {Protrept., X. 91.)

Page 1