PEINTURE DES SOPHISTES
mort et ramener les enfants à leur père apaisé ? II est le miséricordieux révélateur de Dieu. Il est ému de pitié envers nous, il nous instruit, il nous excite, il nous redresse, il nous sauve. Tandis que l'esprit de mensonge se nourrit de la perdition humaine, la vérité, semblable à Tabeille qui ne flétrit rien de ce qu'elle touche, se réjouit de notre salut * . Le Sauveur, pour sauver l'homme, emploie tous les accents et varie à l'infini son langage. Tantôt il menace et il avertit, tantôt il s'indigne, tantôt sa pitié se répand sur nous avec ses larmes^. « Nous 'voilà bien loin de cette sagessesans entrailles qui, drapée orgueilleusement dans son manteau, aurait cru déroger en manifestant la moindre douleur compatissante. La grande objection faite par Clément à la philosophie antique revient donc à dire qu'elle ne sort jamais de la région froide des idées, et qu'elle n'est après tout qu'une impuissante théorie qui ne saurait ni guérir, ni sauver.
Il ne se contente pas d'une polémique indirecte, il la prend à partie ouvertement, mais il porte dans sa discussion autant de largeur et d'impartialité que de vigueur. 11 distingue avant tout entre les sophistes et les vrais philosophes. Le portrait qu'il a tracé des premiers est incomparable. Il nous les montre pleins d'eux-mêmes, infatigables à débiter leurs mensonges, passant leur vie à des distinctions subtiles de mots, plus bavards que des cigales, flattant honteuse-
* 'H Zï àXifieia à^iXkt'zaf. awririptaç. {Protrept,^ 1, 6.) « ©pr^vwv èXeet. (Id., 1, 8.)