SES EBIPRUNTS AUX NATIONS BARBARES
dance vis-à-vis du mosaïsme. Il va plus loin; il afiSrme qu'elle doit en définitive aux peuples barbares, nonseulement les vérités les plus importantes qu'elle a conservées, mais encore Tinvention des arts qui l'ont embellie. C'est à un sol étranger que la Grèce a emprunté les semences qui ont produit sa brillante civilisation * . Il profite habilement des aveux de Platon et des voyages de Pythagore ^, puis il prouve longuement que les nations auxquelles on a jeté si longtemps le nom injurieux de barbares ont précédé de plusieurs siècles la Grèce dans le développement supérieur de la pensée et il met les Juifs en première ligne. Après avoir établi l'antiquité des livres sacrés des Hébreux, il trace un portrait grandiose de Moïse, et peu s'en faut qu'il ne fasse de Platon son disciple. Les mythes religieux de la Grèce lui semblent une dérivation lointaine des récits sacrés. Evidemment Clément, dans cette portion de son Ajpologie, se laisse entraîner au delà de sa propre pensée. Nous verrons bientôt que les principes fondamentaux de son système ne lui permettaient pas d'attribuer au judaïsme tous les éléments de vérité renfermés dans la haute culture de la Grèce. S'il s'était borné à soutenir qu'il y a eu plus de communications qu'on ne le croirait au premier abord entre les deux peuples, ou s'il avait seulement établi la supériorité de la révélation sur la libre recherche, son argumentation aurait été irréprochable,
1 Strom.y T, c. xv.
^6apa)v £[xxop£6£a0a'.. {Id., l, c. rv, § 6C.)