‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 134 sur 277 · CLÉMENT NÉGLIGE TROP LA PREUVE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CLÉMENT NÉGLIGE TROP LA PREUVE HISTORIQUE

enchaîner les vérités obtenues par un procédé supérieur. Pourquoi ne pas reconnaître également la compétence de l'observation sensible pour constater les grands faits sur lesquels repose la révélation? Cette révélation est une manifestation de Famour divin sous une forme historique. La foi seule perçoit par une analogie sacrée le fond intime, Fessence di\ine qui est cachée sous Fenveloppe du fait, mais le fait a son importance, et, comme il s'est produit dans le temps et dans l'espace, c'est-à-dire dans le monde visible, c'est à l'observation sensible à le constater et à reconnaître son caractère miraculeux. Une apologie qui serait complète répondrait à tout ce qu'il y a de légitime dans la prétention du Juif qui demande des miracles et dans celle du Grec qui réclame un enchaînement logique dans les idées, sans que la grande méthode morale subît la moindre altération. Les faits sont du ressort de la preuve historique, l'ordonnance des idées appartient à la dialectique, tandis que la charité divine qui est l'ame de tout cet ensemble n'est saisie que par le cœur. C'est ainsi que le semblable est toujours perçu par le semblable et que ce principe si fécond se prête aux applications les plus variées. Nous reprochons à Clément d'avoir négligé la preuve historique tirée de la constatation des miracles. Cette lacune qui n'est pas sans gravité, mais qu'il est facile de combler, ne l'a pas empêché selon nous de poser d'une manière victorieuse les vrais et immortels principes de l'apologétique.

La démonstration du christianisme, au nom même

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