‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 14 sur 277 · LES MYSTERES DE MITHRA, PARODIE DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LES MYSTERES DE MITHRA, PARODIE DU CHRISTIANISME

Origène, nous fait supposer qu'il n'obtint pas le même crédit en Egypte * . Probablement les mystères dlsis, la déesse nationale, y éclipsaient ceux de Mithra. « Les mystères de Mithra, dit très bien M. Hammer, comme ceux d'Eleusis, servaient au paganisme de dernier retranchement contre le christianisme. L'établissement du christianisme fit tout leur succès Les Pères reconnaissaient un certaine similitude entre ces mystères et ceux de l'Eglise^. » Il ne faut pas s'exagérer cette analogie, tout extérieure. Les lustrations que Tertullien compare au baptême se retrouvaient dans tous les anciens cultes. L'oblation du pain et du vin rappelle davantage le sacrifice eucharistique '. Mais il faut chercher ailleurs que dans ces rites le grand attrait de ces mystères. Ce qui leur gagnait un nombre si considérable d'adhérents, c'était la promesse trompeuse, mais séduisante, de donner la paix définitive à leurs sectateurs, de dissiper pour eux les terreurs de la mort, de les amener au glorieux renouvellement et de réaliser par une simple initiation tout ce que le christianisme prétendait opérer par la transformation du cœur. Les mystères de Mithra inspiraient bien plus de confiance que ceux d'Isis ; un parfum de mysticisme oriental s'en échappait, et ils employaient des symboles moins grossiers pour exprimer les grandes idées d'expiation et de réintégration si chères à l'humanité fatiguée et tour-

1 « Pourquoi, dit Origène, Gelse mentionne-t-il avec détail ces mystères plutôt que d'autres? » (Contra Celsum, VI, 22.)

* Hammer, Mémoire cité, p. 22.

3 «Mithra signât in frontibus milites suos; célébrât et panis oblationem. » (Tertullien, De prscœripL, 40.)

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