ROLE PROVIDENTIEL DE LA PHILOSOPHIE. S
bon est ane émanation de Dieu * . Gomment cet art de Fespiit, le plus noble de tous, puisqu'il sert directement la yérité, aurait-il une autre ori^ne? Dieu n*a pas seulement donné la faculté philosophique, mais il en a encore surveillé l'emploi *. Il a pris soin que les philosophes en fissent un bon usage et contribuassent ainsi au bien et au salut de l'humanité. Les soins de sa providence se concentrent surtout sur les hommes d'élite qui peuvent agir dans l'intérêt du plus grand nombre de leurs semblables. Tels sont ces conducteurs des peuples et ces conducteurs des esprits, qui ont pour mission de mettre en évidence la puissance bienfaisante de Dieu dans le gouvernement ou dans l'enseignement du monde ^. Qu'on ne dise donc pas que la philosophie est une invention du démon. Le mal ne peut enfanter le bien, les ténèbres ne sauraient produire la lumière. La^ philosophie qui a été une source de bien n'est pas un mal, mais elle vient de Dieu^. Si l'on met à part les sophistes qui l'ont profauée, on reconnaîtra qu'elle a eu pour représentants les hommes les plus vertueux de la Grèce et de Bome ^. Qu'on se garde donc de l'as-
IMQç, 8ià 7:po9rjT£(aç, tJ)v eau-ri^; èvB£txvJiJLévY)v 86va[ji.iv elq tyjv "^(leTépav £Ô£pY£ff(av. {Strom., \, c. iv, § î7.)
* Ta èv xé/vaiç aYaSà, 9£69£V l-/e\. tyjv àçr^. ( Id., VI, c. xvn, § 160.)
«/rf., §157.
' MiXiora toùtoiç (7Ôv£aTi 'rcpo(i£)^£(jTépa ^ èictaitoxy), Saot Buva^ TOI xà iwX-fjOYj (juvoi)^£X£rv uxap)rou(jiv outot V £?alv oi r{^t^o^if,6i Xfltt icai3£UTixo(. {Id., § 158.)
* Oô Tofvuv xax(a<; Ip^ov ^ çiXoaoçCa èvapéTOUç TCOiouaa. (Id.,
» 'H xP^^tÇ '^? çCXoGoçfoç, o5x ëoTiv àv yuxm^^ àW ^ Totç iif{oTotç TÛv 'EXXi^vcov BéBorat. {Id,, % 159.)
260 ROLE PROVIDENTIEL DE LA PfflLOSOPHIE.
similer à celte femme étrangère des Proverbes qui tend des pièges aux jeunes gens et dont la maison a le sépulcre pour fondement. Non, il n'est pas vrai que la philosophie soit une impure courtisane^; il en est d'elle comme de cette Thamar qui n'avait de la femme étrangère que le vêtement et l'apparence, et qui n'en appartenait pas moins à la maison d'Israël^.
La philosophie a été dans un degré inférieur ce qu'était la révélation chez les Juifs; elle a été la prophétesse de cette grande race hellénique qu'on ne peut s'empêcher d'admirer même en combattant ses erreurs '. De même que la loi a été un pédagogue pour lamener les Juifs au Christ, de même la philosophie a été un pédagogue pour conduire les Grecs à l'Evangile *. Elle a remplacé pour eux la révélation écrite *, bien qu'elle soit demeurée à une grande distance du mosaïsme. C'est qu'en réalité elle a aussi participé à la révélation de Dieu, non pas seulement par les traditions saintes qui lui sont venues de la Judée, mais encore par l'influence directe de l'Esprit de Dieu. Elle a possédé cette notion universelle de la justice divine qui est inhérente à la nature humaine, et en outre, pour employer l'expression de saint Paul, elle a vu Dieu comme dans un miroir. Les philosophes ont contemplé la lumière céleste dans son rayonnement,
* Strom.y I, c. V, § 29.
« Id,, I, c.vi, §31.
» MéYaXYjç 'EXXiSoç. (/rf., I, c. i, § 11.)
* 'Eiuat§aYa)Y£i Y'^P ^^ ^^'^ '^^ 'EXXyjvixov àç h v6ji.oç Tobç 'E6pa(ou<; eJç Xpiorév. (/rf., I, c. v, § 28.)