POPULARITÉ DU CHRISTIANISME
blessure enflammée des mauvais désirs le baume du Terbe , plus efScace que le vin et l'huile * . » Après tout, le prosélytisme digne de ce nom n'a d'autre but que d'amener les ignorants à la science; c'était déjà la vocation de la philosophie. Qu'y a-t-il donc à blâmer chez le chrétien qui, comme un médecin plein d'hamanité, cherche les malades pour les guérir et les hommes fatigués pour leur rendre des forces ^? D'ailleurs, si les pécheurs scandaleux ne sont pas exclus de r Eglise, mais au contraire invités à y entrer ils sont en minorité, car la religion nouvelle se recrute surtout parmi les nobles cœurs qui aiment le bien et la vérité •. Cependant elle se tourne avec une tendre compassion vers tous ceux qui ont besoin d'elle, quels qu'ils soient. « J'avoue donc que je recherche même les plus stnpides des hommes , pour les rendre meilleurs, autant que je puis ; mais il est faux qu'ils constituent seuls FËglise chrétienne. Ma préférence est pour ces esprits intelligents et sagaces qui peuvent saisir les sens obscurs dans la loi , les prophètes et les Evangiles^. » En d'autres termes, le christianisme porte la lomière à tous les degrés de l'intelligence, depuis les plus bas jusqu'aux plus élevés.
Après avoir vilipendé le prosélytisme de l'Eglise, la philosophie païenne s'attaquait aux apôtres et aux pre- 4 miers missionnaires de la religion nouvelle. Elle com-
* Contra Cels.y 111, 61.
• 'ûç çtXàvôpco'TCOç h'zpôç. (/c/.,Ul,74.) *Id., m, 65.
* id., m, 56.