SA SIMPLICITE CHARITABLE. 3S
Origène ne laissera tomber aucune de ces objectionSi et il les réfutera tour à tour avec autant de vigueur que de profondeur.
Cette simplicité un peu rude que Ton reproche au langage de TEvangile est le secret de sa puissance. Grâce à elle, la barrière élevée par la philosophie entre les esprits cultivés et la masse des hommes a été abaissée ; Forgueilleux ésotérisme , qui avait condamné la majorité des hommes à Tlgnorance et à une sorte d'ilotisme religieux, a été abrogé. Jésus-Christ n'a pas parlé pour quelques adeptes dont Tintelligence était polie et ra£Snée. « Il a éclairé le genre humain ^ ; personne n'a été exclu de ses mystères. Dans son grand amour pour les hommes, il a donné aux esprits exercés une théologie assez sublime pour les arracher aux intérêts inférieurs, et il a su proportionner sa doctrine aux plus incultes , aux femmes les plus ignorantes, aux esclaves même. Cet enseignement divin, mis à la portée de tous, a seul rendu Thomme capable de réformer sa vie. » Qu'on cesse donc de railler le langage de nos saints livres. Ces paroles rudes et Bans élégance se sont trouvées investies d'une incomparable puissance, comme si un charme magique y était caché; elles ont dompté l'intempérance et l'iniquité, elles ont enflammé de courage l'homme timide et l'ont porté à mépriser la mort pour sa religion. Ce charme secret ne peut être attribué à l'éloquence ou à la dialectique d'un Platon ; c'était une divine vertu
* Aùrbv hKÎki'^^CL'nd tô y^vsi twv àvôpd^TCWV. (Contra Cels.,
vn, 41.)
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répandue dans les écrits barbares des fondateurs de TEglise, qui n'ayaient point appris leurs arguments dans les écoles, mais les ayaient reçus du ciel. Aussi leur parole a-t-elle eu des ailes pour yoler d'un bout du monde à l'autre, yictorieuse du péché là même où il semblait à jamais établi par la nature et la coutume * . N'est-il pas éyident que la supériorité d'un enseignement se mesure à sa popularité, à sa puissance de diffusion, car plus il répandra la lumière plus il sera utile aux hommes. Combien le christianisme ne s'élèyet-il pas au-dessus de la philosophie qui , en ne songeant qu'aux hommes instruits et en négligeant les esprits simples et non cultiyés, a renfermé dans d'étroites limites un bien qui était destiné à tous, car il n'y a pas de monopole pour la yérité^. La grande philosophie de Platon, malgré tout son art, doit donc céder le pas à la rude prédication éyangélique, qui peut dire, par la bouche d'un apôtre, qu'elle n'enseigne pas avec les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais qu'elle possède une démonstration d'esprit et de puissance. Ce n'est pas assez de proclamer la yérité si la parole n'est pas pénétrée d'une vertu divine, si la grâce n'en est la sèye cachée ^. Non-seulement l'enseignement chré* tien ne se limite pas à une seule classe d'une nation, mais il est devenu l'apostolat du monde entier. Cette simplicité de forme est plus qu'un moyen
* Contra Cels,,lU,6S.
* OuToi Tb xoiva)vt>tbv etç xopLtSr) (irevov %aà f^pce/h cuvi^aYov.