‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 163 sur 277 · SA BEAUTÉ MORALE · texte numérisé non relu

SA BEAUTÉ MORALE

d'influence, c'est encore nn acte de charité; elle manifeste Tamour du Christ et de ses apôtres pour les hommes. Origène compare la Térité à un aliment salutaire qui doit apaiser la faim des âmes. Les uns , ce sont les philosophes. Font apprêté avec des épices et des condiments précieux, aussi n* est-il destiné qu'aux palais délicats et blasés, aux riches et ra£Snés; on ne le sert que sur les tables opulentes sous les lambris dorés; il n'est plus accessible aux pauvres, ni à aucun de ceux qui vivent sous le chaume. Les autres, ce sont les chrétiens, ont dédaigné tous ces apprêts, et ils rompent aux multitudes affamées le pain qui descend du ciel. De quel côté ,est Famour du bien public? est-ce du côté de ceux qui flattent les nobles, ou bien se trouve-t-il du côté de ceux qui veulent être utiles au peuple entier? La philosophie antique n'a voulu plaire qu'aux riches par les apprêts raflSnés de son style , tandis que les disciples du Christ ont rejeté cette texture habilement nuancée du langage; ils n'ont pas voulu de cette sagesse humaine qui se plaît aux termes obscurs, ils n'ont point affecté les tournures rares et étrangères, ils ont parlé pour le peuple. Quand il s'agit de la vérité qui change le cœur, pourrait -on douter un moment qu'il faut cent fois préférer la simplicité qui la rend populaire à l'assaisonnement délicat qui la réserve au petit nombre * ?

n ne faut pas , au reste , exagérer la simplicité et la

1 Contra Cels., VU, 59, 60.

Page 1