‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 164 sur 277 · SA BEAUTE MORALE · texte numérisé non relu

SA BEAUTE MORALE

rudesse da langage des saints liyres. Les prophètes ont eu leur éloquence enflammée et magnifique ; leurs écrits sont traversés de traits brillants comme par de grands éclairs '. Quant à la simplicité éyangéliqne, elle a sa beauté à elle, beauté toute morale, mais qui n'en est pas moins admirable. Le Yerbe s'est anéanti, mais il n'a pas paru sous une forme repoussante; il était sans éclat, mais le prophète n'a point dit qu'il £ût la laideur du corps. « Pour ceux qui ne sont pas montés avec lui sur la hauteur où il apparaît dans sa gloire, pour ceux qui n'étaient pas prêts à le suivre, le Verbe n'a aucune beauté, aucune majesté ; pour de tels hommes , sa forme est méprisable et sa parole est inférieure aux paroles humaines. On peut dire que les discours des philosophes sont plus beaux à ce point de vue que la Parole de Dieu, car celle-ci paraît une folie quand elle retentit devant le monde ; aussi ceux qui ne s'attachent qu'à cette folie apparente de la prédication i disent-ils : Nous Vavons vue, et il n'y avait en elle ni \ gloire ni beauté. Mais elle a une divine beauté pour ceux qui ont reçu la force de la suivre et de monter avec ■ elle sur le mont sublime ^. » Il en est donc de la Parole du Christ comme de sa personne ; il faut aussi s'élever sur les hauteurs pour en connaître le prix. Jugée d'en bas, c'est-à-dire du point de vue du monde et du cœur j naturel, elle est vile et misérable; jugée d'en haut, c'est-à-dire du point de vue de la foi, elle est aussi

* Contra Cels., VII, 59.

[Id,, VI, 77.)

Page 1