‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 170 sur 277 · IL SE DISTINGUE DU PLATONISME · texte numérisé non relu

IL SE DISTINGUE DU PLATONISME

vincible daalisme sous lequel succombait la paganisme, elle avait entrevu du moins les vérités qu'elle n'avait réussi ni à consacrer définitivement ni à dégager de contradictions flagrantes. Il était naturel qu'il y eût une correspondance remarquable entre la religion qui mettait en pleine lumière ces grandes vérités et la philosophie qui avait contribué à leur frayer la voie. En outre, le christianisme, en se produisant dans le monde grec, avait dû parler sa langue; et cette langue, toutes les fois qu'elle exprimait des idées de l'ordre supérieur, était tout imprégnée de l'esprit de Platon. De là de nombreuses analogies d'expressions dont il était très facile d'abuser. Il importait donc extrêmement de revendiquer l'originalité de l'Evangile en face du platonisme. Origène a consacré à cette grave discussion la plus grande partie du sixième livre de son écrit contre Celse. Il commence par établir que si les chrétiens se rencontrent sur quelques points avec les platoniciens, s'ils sanctionnent les notions plus pures répandues par l'Académie sur la Divinité , s'ils rejettent à son exemple le polythéisme grossier de la foule, s'ils applaudissent aux belles paroles de Platon sur le souverain bien qui s'allume spontanément dans l'âme humaine, ils ont au moins cet avantage qu'ils agissent conformément à ces hautes croyances, tandis que les philosophes qui ont éloquemment disserté sur le souverain bien « descendent dans le Pirée pour adorer Diane comme une divinité, lui offrir des prières et participer à la fête célébrée à son honneur par une foule stupide. >» Après avoir discouru sur l'âme et sur le

338 UHÏttlfiÉQnBNGE DES PLATONICIENS.

bonheuip qui réeompensera }a vertu ^ oublieux de ces gipaudes idées que Dieu leur a manifestées, ils s*abaisgent k â& misérables pensées et sacrifient un coq à Ssculape^ Il n'est pas mrai, comme on le prétend, q^e la philosophie antiqu^ ait dédaigné de s^appuyer SU9 des prodiges et ait placé toute sa confiance dans la puissance intrinsèque de la vérité. Tandis que les miracles de TETangile sont simples et grandioses, le fm% iperveillenx de la philosophie est un tissu de Tofnes légendes. Qui ne se rappelle les fables qui ont fiours sur la naissance de Platon et sur les aventures de Pjtbagore?? Si Ton examine de près les belles pensées qui sont communes au platonisme et aux livres sacrés des chrétiens, on reconnaîtra d^abord qu'elles ont été exprimées par les prophètes bien des siècles avant le philosophe de TAcadémie, tandis qu'il n'est pas possp)le d-accuser les prophètes et les apôtres d'avoir été chercher en Grèce ces perles précieuses '. Ensuite ces grandes pensées sont mêlées d'erreurs déplorables, mèpie dans les écrits du divin Platon^ ; elles sont, en tous cas, incomplètes et présentées sous une forme obscure qui nuit à leur vraie beauté. Platon a dit, dans un noble langage, que « jamais aucun poète n'a encore chanté et ne chantera dignement le bien qui est au-dessus des cieux. » Est-ce un motif pour accuser saint Paul de plagiat, quand nous TentendonB

vpuGiy d^ nepaiéa, xpoaeu^éaevoc &ç Ôeco t^ ApTép.t§t. (CqntrA Ceh,, Vi, 4.) » /cf., VI, 8. ? (fi., Y\, 7, 9. iO. * W., VI, 17.

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