‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 172 sur 277 · LE VERBE PLATONICIEN N'EST QU'UNE IDÉE · texte numérisé non relu

LE VERBE PLATONICIEN N'EST QU'UNE IDÉE

ce qui est imparfait sera absorbé par la perfection. » Tous ceux qui ont cherché à confondre le christianisme et le platonisme ont surtout insisté sur la doctrine du Verbe, et ont pris l'analogie du langage pour la ressemblance des idées. Origène n'a pas présenté une réfutation directe de cette erreur; il s'est contenté de rappeler en termes précis ce qu'est le Verbe pour les chrétiens. Il n'est pas une simple idée impersonnelle et flottante : il est le Sauveur et le Fils de Dieu. Personne ne peut connaître dignement ce premier-né de la création, incréé lui-même, si ce n'est le Père qui l'a engendré, et personne ne peut connaître le Père si ce n'est le Verbe, qui est la vie, la sdgesse et la vérité *. Origène a réduit ainsi à sa juste valeur l'assimilation entre la philosophie et le christianisme. Ce n'est pas sur les pas de ces dialecticiens subtils, qui ont entrevu quelques vérités partielles, que nous parviendrons à entrer dans le sanctuaire divin. Un seul en ouvre la porte, c'est celui qui en est le pontife, le Fils même de Dieu, le Verbe incréé, qui dissipe les ténèbres dont le Très-Haut s'enveloppe comme d'un vêtement.

La différence entre le christianisme et la sagesse antique apparaît surtout dans la diversité de leurs effets. « Les vérités énoncées par Platon sur le souverain bien, dit Origène, n'ont pas eu pour résultat de conduire ses lecteurs ou de l'élever lui-même à la piété réelle, tandis que la sainte Ecriture, dans sa simpli-

* 'G £[i.4»ux®ç A^YOç, ^ooioL aÙTOu %oà à\ifieiCL. {Contra Cels», VI, 17.)

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