‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 178 sur 277 · LES DÉMONS FONT DES MIRACLES · texte numérisé non relu

LES DÉMONS FONT DES MIRACLES

Christ. Le merveilleux ne saurait à lui seul établir la vérité d'une doctrine, par la raison bien simple que, d'après Origène, il peut être détourné au service de la puissance du mal. Nous n'avons pas à développer ici sa doctrine sur les démons; c'est l'un des côtés les plus bizarres de sa théologie. Il partageait, à cet égard, les idées superstitieuses de toute l'antiquité chrétienne, en les recouvrant d'une teinte platonicienne. Lui aussi en faisait des espèces de demi-dieux malfaisants, investis d'un pouvoir considérable dans le royaume du mal, et capables d'accomplir de véritables prodiges pour séduire les hommes. H admettait ainsi toute la fantasmagorie du polythéisme et la réalité des actes magiques. Si pour Origène les miracles païens viennent de l'enfer, ils n'en sont pas moins à ses yeux des miracles incontestables * . Les démons ont essayé, par leur moyen, de résister aux manifestations surnaturelles de l'amour de Dieu ^ ; mais ils n'ont réussi qu'à les rendre plus éclatantes, car il n'est pas possible que le bien soit moins puissant que le maP. Il résulte de ces considérations, que le miracle pris en lui-même peut aussi bien prouver l'erreur que la vérité. S'il suiBBt d'un prodige pour commander la foi, les démons, qui savent enfermer leur esprit subtil dans les animaux les plus intelligents, faire mouvoir les astres pour confirmer les tromperies des astrologues et qui mettent

* Contra Cels,, l\, 92.

voiXY)v T^ç 'ïr^jou BtBaGxaXiaç. {Id., III, 29.) »/rf.,II, 51.

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