NÉCESSITÉ DES MIRACLES ÉVANGÉLIQUES
les forces cachées de la nature au service des enchanteurs, pourraient avoir raison du Christ, et les magiciens vaudront les apôtres. Origène n'excepte de cette incapacité apologétique qu'un seul miracle : c'est la guérison des démoniaques. On ne peut supposer en effet que les démons se chassent eux-mêmes. Il y a donc ici une évidente intervention de la puissance divine ^ ; mais, quant aux autres miracles, ils ne tirent leur valeur que de leur caractère moral, et ainsi la preuve externe nous reporte à la preuve interne.
Origène admet, du reste, que les miracles ont été nécessaires à rétablissement de la religion nouvelle. « Si nous voulons parler conformément aux lois de la probabilité sur les origines du christianisme, dit-il, nous reconnaîtrons qu'il n'est pas vraisemblable que les apôtres du Christ, hommes sans lettre et sans culture, se fussent confiés pour annoncer l'Evangile en autre chose que dans la puissance qui leur avait été conférée, et dans la grâce divine qui ajoutait l'évidence à leur parole. Il n'est pas vraisemblable non plus que leurs auditeurs eussent renoncé aux coutumes antiques de leurs pères, et eussent adopté des dogmes si étrangers et si nouveaux pour eux, si la prédication apostolique n'avait eu la confirmation du miracle et le sceau du prodige ^. » Mais ce n'est pas ce merveilleux brut en quelque sorte qui eût suflB à une telle révolution, il fallait le miracle tel que le christianisme le présente, avec ses caractères moraux. En effet
i Contra Cels., III, 56. « M., VUI, 46. Comp. II, 62.