COMPARAISON ENTRE LES PROPHETES ET LES SIBYLLES
Origène applique à la prophétie le même raisonnement qu'au miracle. S'il se montre moins disposé à admettre les oracles du paganisme que ses prodiges, il ne rejette pas néanmoins la possibilité d'une sorte d'inspiration démoniaque qui ferait parler les pythonisses et les sibylles. Il n'entre point dans une discussion approfondie sur ce point, mais il se place d'emblée sur le terrain moral en comparant le prophète de JéhoTahàla pytbonisse d'Apollon. Dans un parallèle très éloquent, il montre chez l'un la pureté et la sainteté, et chez l'autre toutes les souillures du péché, et il conclut en demandant si l'infamie d'une courtisane pourrait être honorée des révélations divines de préférence à l'austère vertu de l'homme du désert? La voix du Très-Saint s'élèvera-t-elle de ce trépied secoué par la violence d'une inspiration qui arrache l'âme à elle-même, disparaissant dans les vapeurs des viandes sacrifiées, et sur lequel s'agite, non une vierge pure, mais une femme sortie de la lie du peuple, ou bien ébranlera-t-elle la solitude où le prophète s'élève par une calme inspiration au monde de l'esprit*? Le beau spectacle que celui de ce devin d'Apollon qu'Homère met en scène au conmiencement de Y Iliade et qui obtient de son dieu, ou plutôt de son démon, par ses vindicatives prières qu'une peste affreuse décime l'armée des Grecs ^? Qu'on lui
compare les saints prophètes de notre religion
« Ceux que la Providence a choisis pour en faire les organes de l'Esprit, ont embrassé la vie la plusraus-
1 Contra Ccls., VII, 1-5. « Jd,, VII, 6.